Homélie du 13ème DIMANCHE du TO – ANNEE B-

Perfection, performance, réussite, voici quelques mots qui résonnent en nous et qui voudraient nous donner les clés du succès d’aujourd’hui. Si nous voulons être heureux, si nous voulons être appréciés, voire même aimés dans cette vie, nous devons être au-dessus de la moyenne. Comme si le monde était réservé à une élite bien choisie où seuls quelques uns trouvent leur place et s’épanouissent. Tous les messages de notre société vont dans le sens de la performance, de la réussite sociale avant tout.

Reconnaissons cependant que nous sommes désarmés par rapport à une telle demande de succès. Plusieurs chemins s’offrent à nous. Soit nous essayons en épuisant un ensemble de nos forces de naviguer dans ces eaux troubles, soit nous les refusons et nous choisissons de nous réaliser ailleurs, autrement.

Et comme la plupart du temps, je n’y arrive pas par mes propres moyens, limité par l’expérience de la vie et de mes fragilités, je me mets à écraser celles et ceux que je rencontre. Cela me fait du bien de les diminuer, j’ai alors l’impression d’être supérieur, de mieux m’en sortir. Comme si mon idéal de vie était : « je te diminue à mes yeux et aux tiens pour que je puisse grandir ». Cette attitude d’écraser les autres tue toutes nos relations. Les proches se mettent à nous fuir parce que nos propos deviennent désagréables, parfois grossiers ou méchants. « En te dénigrant, j’existe » voilà bien une maxime qui nous conduit à la mort sociale, familiale. Et au bout d’un tel chemin, nous sommes confrontés à la solitude, notre solitude.

Et pourtant, le Christ nous propose un autre chemin : Il nous apprend que seul, je ne peux pas vraiment exister. L’autre est essentiel à mon épanouissement, à ma réalisation, l’autre n’est pas un ennemi. Mais cela demande une sacrée dose d’humilité : oser reconnaître que j’ai besoin des autres, que je ne suis pas suffisamment fort pour réussir, que je ne suis pas aussi parfait et performant que je le souhaiterais. C’est parce qu’un homme Jaïre a eu l’humilité de croire que seul, il ne pouvait rien, qu’il s’est tourné vers le Christ. Il a alors fait confiance. Il s’est abandonné au Christ. Il a fait la découverte de l’humilité humaine et de la grandeur de la foi. Puissions-nous découvrir chacune et chacun que le dénigrement de l’autre nous tue à petit feu et que nous avons, que chacun nous avons du prix aux yeux de Dieu, tel que je suis avec mes fragilités.

Un conférencier commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 20 euros. Il demande aux gens: « Qui aimerait avoir ce billet?  » Tandis que les mains se lèvent, il dit: « Je vais donner ce billet de 20 euros à quelqu’un d’entre vous, mais avant, laissez – mot faire quelque chose avec ». Il chiffonne alors le billet avec force et il demande : « Est-ce que vous voulez toujours de ce billet? » les mains continuent de se lever. « Bon, d’accord – dit le conférencier – mais que se passera t-il si je fais cela ? » Cette fois il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints autant que possible, dessus, en le recouvrant des poussières du plancher. Ensuite il demande : « Qui veut encore avoir ce billet? » Evidemment, les mains s élèvent. « Mes amis, dit-il, vous venez d’apprendre une leçon : peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n ‘a pas changé. Il vaut toujours 20 euros. »

Plusieurs fois, dans votre vie, vous serez froissés, rejetés, souillés par les gens ou les événements, vous aurez l’impression que vous ne valez plus rien ! La valeur d’une personne ne tient pas à ce qu’elle fait ou pas. Dieu nous apprend que nous avons de la valeur, une valeur inestimable à Ses yeux : la preuve, Il a demandé à son Fils de donner sa VIE pour toi, pour moi ! Rendons grâce au Seigneur car à ses yeux, nous avons du prix, le prix de l’amour ! Alors, Jésus te saisit la main aussi ce matin comme il l’a fait avec cette jeune fille et te dit : « Talitha Koum », « Je te le dis, lève-toi ». Peut-être avais-tu un peu oublié Jésus dans ta vie, peut-être souffres-tu d’un poids trop lourd à porter seul, peut-être souffres-tu d’un pardon que tu n’arrives pas à donner : « Talitha Koum » Lève-toi et marche avec Jésus car Il est ton compagnon de route, avec Lui, ta Vie sera tellement plus belle, plus juste, plus vraie : Il est Notre Sauveur !