6ème DIMANCHE de PAQUES

Bénédicte a 9 ans et cette année, elle continue à faire du catéchisme. Sa catéchiste lui a parlé de la résurrection de Jésus. Vous auriez vu ses yeux qui brillaient, et aussi l’étonnement de Damien, de Jean-Lionel, des cinq garçons et filles qui étaient autour de la table. C’était la première fois qu’ils entendaient dire que le Christ Jésus était vivant et qu’on pouvait aujourd’hui encore le prier, lui parler. De retour à la maison, Bénédicte s’est plantée devant sa maman : « Maman, la dame nous a dit que Jésus est ressuscité après sa mort. Comment se fait-il que tu ne me l’avais jamais dit ? ». Je ne sais pas comment la maman a répondu ; je sais ce qu’elle a pensé. Elle ne l’avait jamais dit à Bénédicte parce qu’elle ne l’avait jamais cru !

Mes amis, nous vivons une époque où la foi chrétienne n’est plus un héritage de famille. Combien de « Bénédicte » n’entendront jamais parler de Jésus à la maison ? Il faut donc que d’autres s’en chargent. Aujourd’hui comment entendons-nous retentir cette Parole du Christ «  Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma Parole » ? Notre Pape François, les évêques de France invitent résolument à une pastorale de « la proposition de la foi dans la société actuelle », à être missionnaire. Ce trésor de la Foi nous ne pouvons pas le garder dans un coffre-fort ! Je devine votre réaction, qui est celle de beaucoup de chrétiens qui ont de la peine à se sentir personnellement concernés quand il s’agit de la mission, à se mouiller pour parler du Christ, de la foi qui nous anime. Vous pensez peut-être que c’est tout de même un peu réservé aux prêtres ou à quelques laïcs mais, en tout cas, des spécialistes formés… Non, la proposition de la foi est confiée à l’Église toute entière, c’est-à-dire à nous tous, prêtres et laïcs. Voici les paroles de l’apôtre Pierre: « Soyez toujours en mesure de rendre compte de l’espérance qui est en vous… mais faites-le avec douceur et respect. » « Faites-le avec douceur et respect. » Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il ne faut pas marteler des vérités, qu’il ne faut pas imposer un chemin, mais proposer l’Évangile de Jésus. L’Évangile s’offre, refusant toute croisade. L’arrogance tue, la modestie, l’humilité ouvrent les cœurs. Tout est dans le ton. Il faut allier la douceur du témoin et pourtant la fermeté du message. Il faut offrir le message avec précaution et pourtant sans réserve. Sans réserve, bien sûr. On m’a cité, ces derniers jours, une conversation autour d’une table. Un homme, ce soir-là, que l’on savait croyant – il ne s’en cachait pas – a été sollicité par ses amis à rendre compte de sa foi… À bout d’arguments peut-être, il s’est contenté de dire : « La résurrection de Jésus, la présence du Christ dans ma vie ?… oui… enfin… c’est peut-être une façon de parler ! »Eh bien ! non et non ! Il ne faut pas réduire l’essentiel de la foi chrétienne à « une façon de parler ». Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus dit : «le Défenseur, l’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, lui vous enseignera tout» Est-ce une façon de parler ?…L’Eucharistie, la messe, Jésus au milieu de nous, est-ce une façon de parler ?…Ce qui « enterre » le message du Christ, vous l’avez compris, c’est la façon de parler approximative, réductrice, de certains chrétiens. Un théologien, a écrit un livre – il en a écrit plusieurs – où il dit : « Non, Dieu n’est pas mort ; en France, c’est l’Église qui est fatiguée…les chrétiens n’arrêtent pas de regarder leur nombril ! » Eh bien ! j’ai envie de rejoindre votre bonne santé dans l’Église. Tous les chrétiens ne sont pas fatigués ! Et puis, nous sommes là pour nous refaire une santé car le Christ ne nous laisse pas seul, Il est là dans son Pain, dans sa Parole. Il nous envoie l’Esprit Saint, notre Défenseur. Alors interrogeons-nous …

*Notre invitation est-elle assez joyeuse ? Cette semaine, un ami prêtre reçoit un coup de téléphone : une maman prévenait que son enfant ne viendrait plus au catéchisme : « Deux années, ça suffit bien, il a fait son temps ». Et puis, elle a ajouté : « Son père et moi, nous pensons qu’il ne faut pas les ennuyer trop tôt avec tout ça ! » Comment peut-on en arriver là ? Quand ils pensent au message du Christ, à quoi pensent ces parents-là, pour avoir envie de l’épargner à leurs enfants ? Pour trop de gens, la foi chrétienne se réduit à une doctrine abstraite et froide, une morale ennuyeuse, répressive. Étonnez-vous qu’on n’ait aucune envie de la transmettre à ses enfants. Les chrétiens sont porteurs d’une invitation au bonheur, le disons-nous assez ? Peut-être que le principal obstacle à la mission, c’est que les chrétiens – nous-mêmes – nous ne sachions pas assez quel trésor nous portons. Religieux rime avec ennuyeux (ennuyeux comme une messe ! vous connaissez l’expression ?). Notre invitation doit être joyeuse : « si vous m’aimiez, vous seriez dans la JOIE » nous dit le Christ.

*Le Christ nous invite à réfléchir à cette question : « quel est le trésor de notre vie ? ». Le bonheur, c’est d’abord un recadrage : que considérons-nous comme indispensable pour être heureux ? Si notre liste est la suivante : la santé parfaite, la beauté et la jeunesse, telles performances sportives, une progression constante de mon chiffre d’affaires ; la possibilité de voyager, de passer des vacances dans de bons hôtels, mes deux voitures, mon camping-car, de bons résultats scolaires pour mes enfants, puis de belles situations, une reconnaissance sociale …attendons-nous à devoir vivre de nombreuses pertes, car plus nous avons d’attachements, plus nous aurons de deuils à faire. Mais, on peut aussi établir d’autres listes. En voici une : la certitude que je suis aimé de Dieu et qu’Il m’offre la vie pour toujours, un minimum de santé et de sécurité matérielle, une activité motivante car utile aux autres, le bonheur de ceux et celles qui comptent pour moi, la présence de l’être aimé, de bonne relation avec moi-même et avec les autres, un sens à ma vie, un vécu en cohérence avec mes valeurs en vivant dans la foi, l’espérance et l’amour. Aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction vous dire : n’ayez pas peur du Christ, ouvrez Lui votre vie ! Il n’enlève rien et Il donne tout ! C’est le TRESOR de notre vie ! Lui seul peut nous aider la PAIX : « C’est la Paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ».