Homélie ; La Sainte Trinité


Ce Dieu que nous proclamons est Un et Trois : Il est Père, Fils et Saint-Esprit. Aujourd’hui, nous fêtons la Ste Trinité et vous allez professer votre Foi en cette Sainte Trinité…je voudrais vous proposer une image pour dire la Trinité. Voici un enfant de six ans à qui ses parents apprennent à faire le signe de la croix : ces parents déposent sur son corps le signe de la Trinité :
• Au nom du Père, sur le front, siège du cerveau et de l’intelligence. Dieu se révèle d’abord comme le Créateur . Dieu est Père parce qu’il enfante la Vie.
• Au nom du Fils, sur le ventre, car c’est le lieu de la naissance. Le Fils a pris chair dans le ventre de Marie. Dieu s’est fait homme. Dieu est né en humanité. Dieu s’est incarné.
• Au nom du Saint-Esprit, sur les épaules, car c’est le lieu de la force. L’Esprit est la puissance de Dieu au bénéfice de notre humanité. L’Esprit est celui qui permet la communion des cœurs. L’horizontalité de ce geste traverse la verticalité de la relation du Père au Fils. L’Esprit nous fait traverser la vie du Père et du Fils.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. En apprenant à tracer ce signe sur notre corps, nous comprenons en même temps que notre corps est le lieu de la présence de Dieu, c’est sa maison, sa demeure.
Je dois vous confier un secret… JESUS, c’est lui qui nous alimente de son Amour : « DIEU a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais obtienne la vie éternelle » ! Son cœur à JESUS est brûlant. Et c’est là le secret : être chrétien, ce n’est pas seulement être ouvert et accueillant, tourné vers les autres, respectueux de chacun. Tout cela est très bien, et nous devons sans cesse y travailler. Être chrétien, être vraiment chrétien, c’est ne pas supporter l’injustice et détester notre propre lâcheté, c’est être ému de la souffrance et de l’amour des autres, c’est espérer; c’est taper du poing sur la table, quand on est révolté face à certaines situations, c’est prendre l’épaule d’un ami ; c’est parler à Dieu face à face et sans peur ; enfin c’est avoir un cœur de feu. Voilà. Être chrétien, c’est là que ça se décide. Dans le cœur. Jésus préfère les révoltés et les têtes de bois. Ses disciples, ses amis ne sont pas du genre mouton. Simon le Zélote, Matthieu le publicain, Pierre qui tire son épée sans parler de Paul , le persécuteur de chrétiens et qui est retourné comme une crêpe par Jésus, Paul qui va donner sa vie pour Jésus: des cœurs de feu. Jésus s’est fâché contre eux et il a pleuré à cause d’eux, mais c’est bien eux qu’il a choisis.
Parce qu’il n’a pas choisi des savants, ni des sages, ni des prévoyants, ni des consensuels, mais des cœurs de feu. Des cœurs qui brûlent d’espoir et d’impatience, qui s’embrasent d’amour ou d’amitié, qui ne s’éteignent jamais. Tel est le secret que je voudrais vous confier. Ne laissez jamais votre cœur s’éteindre. Le Seigneur aime les cœurs de feu. Il a choisi des prophètes notoirement indisciplinés comme Elie ou St Jean-Baptiste et des apôtres au caractère de porc-épic comme Pierre ou Paul, parce que ces hommes et ces femmes avaient d’abord le cœur qui brûlait. Que le Seigneur embrase les vôtres, que vous brûliez d’espoir et d’amour toute votre vie.
Que disons-nous lorsque nous disons : « Je crois en Dieu ? » Certains mots ressemblent à des escaliers : ils ont des degrés divers ! Ainsi …le verbe croire. La première marche : c’est quand on dit, par exemple : « Je crois que Pierre est studieux ». Simple opinion. Ou : « Je crois que Paul fera des progrès ». Simple espoir. Ou : « Je crois qu’il arrivera au train de midi ». Simple supposition. La deuxième marche : « Chez nous, on est croyant …on croit qu’il y a quelque chose après la mort …le monde ne s’est pas fait tout seul … » Il s’agit d’une croyance, d’une opinion religieuse. La troisième marche : « Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous nous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper ». Ferme adhésion de l’esprit à la doctrine tirée de la Révélation … Je crois Dieu comme je crois ma mère quand elle me révèle des faits de mon enfance qu’il m’est impossible de vérifier. Je la crois parce que c’est ma mère. La quatrième marche : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant …tu sais bien que je t’aime …tu es le Chemin, la Vérité, la Vie « (Jn 14, 6 et 21,16). Une promesse de fidélité, une véritable déclaration d’amour, un élan de tout l’être vers le Père, par le Fils, dans l’Esprit !
La Foi n’est pas une évidence mais par contre c’est une certitude. Tous les hommes ont des opinions, la plupart ont des croyances, les chrétiens ont des certitudes et les saints croient pleinement … et nous, sur quelle marche sommes-nous ?
Père Jérôme Martin