Homélie de la fête de l’Assomption de MArie

 « BIENHEUREUSE CELLE QUI A CRU » : voilà comment Elisabeth salue sa cousine Marie. Marie dans le monde entier est invoquée par le peuple chrétien sous différents noms…mais le plus beau titre qui peut être donné à Marie, c’est celui que donne Elisabeth : Marie la croyante, celle qui croit, la Mère des croyants. Dans tous les sanctuaires du monde, dans toutes les petites chapelles, s’organisent des messes où, relayant la foi des parents et des grands-parents, les croyants chantent et acclament Marie.

Ainsi s’accomplit le chant d’action de grâces de Marie dans le Magnificat « tous les âges me diront bienheureuse ».

Ce que le Seigneur a fait en Marie par pure grâce, pour qu’elle devienne la Mère de son Fils, il l’a fait également pour nous dans le baptême. En Jésus nous sommes devenus les fils et les filles bien – aimés du Père , ce qui veut dire que le péché n’a plus le dernier mot, nous sommes faits pour aimer. La foi est donc pour nous un don de Dieu, une grâce. Nous avons à donner chaque jour une réponse de foi, à vivre notre pèlerinage de foi au cœur des joies, des peines et des difficultés quotidiennes. Sur ce chemin, Marie est notre étoile, elle nous précède. Nous pouvons la prendre comme modèle pour grandir et avancer dans la foi. Marie ne s’est pas repliée sur ses difficultés, ses questions, elle a gardé le cœur ouvert, venant dans la foi constater le signe annoncé auprès d’Elisabeth :

« ta cousine, qu’on appelait la stérile, en est à son 6eme mois ». La foi s’épanouissant dans la charité, elle a accompagné Elisabeth dans ses derniers mois avant l’ enfantement de Jean- Baptiste, elle est devenue servante. Oh non, Marie n’a pas été préservée des difficultés de la vie quotidienne …c’est pour cela que Marie peut nous aider aujourd’hui à entrer dans un chemin de foi. Avec elle, en son nom, reprenant les paroles de Jean- Paul II, j’ose vous redire : « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur de ce monde, des événements, car Dieu ne nous laisse pas seuls. Ne soyez pas frileux, repliés sur vos questions, vos doutes légitimes, vos difficultés quotidiennes ». Car Marie nous invite à faire de notre vie, non un repli sur soi, mais un don à Dieu et à nos frères.

Ce monde dur, Marie l’a connu au pied de la croix, elle était là debout. Dieu choisit toujours ce qui est petit, faible dans le monde, comme il a choisi Marie, pour faire de grandes choses. Même si, de façon visible, nous voyons assez souvent la haine, la violence triompher à travers ce que nous font percevoir

les médias pourtant, pourtant le regard de foi sur les événements doit nous permettre de constater que des voix continueront toujours et toujours à s’élever pour proclamer le droit du petit, du faible, de l’étranger, pour proclamer la nécessité de la paix car Dieu ne nous abandonne pas !

Voici le conseil de St Bernard :

« Invoque Marie

II n’y a pas de maux qu’elle ne puisse guérir,

il n’y a pas de ténèbres qu’elle ne puisse dissiper,

il n’y a pas de détresse qu’elle ne puisse secourir ».

A la fin de cette messe, je vous dirai « allez dans la paix du Christ », je vous enverrai au nom du Christ dans vos foyers, dans vos familles pour faire de votre mieux pour être petite lumière puis nous chanterons le « je vous salue Marie », prière tant méditée par tant de croyants depuis des générations… 

Je te salue, Marie !

Marie, c’est un nom ordinaire. Un nom tout simple, un nom qu’on chuchote.

Marie toujours servante. Marie tellement discrète.

Je te salue, Marie, pleine de grâce…

Marie fleur et Marie fruit. Je te salue, Marie, pleine de vie, pleine de joie, pleine de santé. Pleine de printemps, pleine d’été, pleine d’automne. Pleine d’hivers aussi, au pied de la croix de l’agonie. Marie qui rit à Cana, Marie de la fête. Marie effondrée au Golgotha, Marie à la douleur immense.

Je te salue, Marie, pleine d’amour. Marie des simples et des petits et Marie priant avec les apôtres. Je te salue, Marie, pleine de Dieu.

  1. Le Seigneur est avec toi… 

Elle est choisie par Dieu, elle est l’élue de Dieu, l’Eve parfaite.

Mais croyez-vous que c’était facile de porter l’enfant-Dieu quand les portes étaient closes et qu’il fallait se contenter d’une mangeoire d’animaux?

Puis partir avec le nouveau-né à la hâte en Egypte ?

Marie inquiète devant son enfant qui ne rentre pas du pèlerinage.

Avec toi, Marie, le Seigneur nourrit la foi de son peuple.

Tu es bénie entre toutes les femmes… 

Oui, bénie entre les femmes des villes et des campagnes.

Marie, tu es bénie entre les jeunes filles, les mamans, les dames ridées mais ouvertes à la confiance et à l’espérance.

Simplement entre toutes les femmes. Une parmi les autres, perdue dans la foule. Mais tellement unique, tellement à sa place.

  1. Et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni…

Marie tendresse pour le Fils de Dieu.

Les mains qui ont porté le Prince de la Paix sont bénies.

Les mains usées par les corvées, le ménage, la lessive.

Les mains jointes pour la prière : « Mon cœur chante la grandeur du Seigneur. Dieu est mon Sauveur ! Oui, il a levé les yeux vers sa petite servante. Il a fait pour moi des choses étonnantes.

Les petites gens, les simples d’esprit et de cœur sont ses préférés. »

Cette prière n’a pu jaillir que du profond du cœur de Marie.

Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort…

Ton cœur, Marie, est plein de pitié.

Tu es préoccupée avec ceux qui ont des soucis, heureuse avec ceux qui sont dans la joie.

Tu es toujours là pour intervenir auprès de ton Fils quand les hommes en ont besoin. Bénie sois-tu, Marie, pour tes « oui » sans frontières

qui montrent les chemins de l’amour, de la joie, de la liberté.

Apprends-nous à redire ton « oui » dans nos cœurs.

O Mère, Toi qui connais les souffrances et les espérances de l’Eglise et du monde, nous voulons te recevoir chez nous, assiste tes enfants dans les épreuves quotidiennes que la vie réserve à chacun. A toi, nous confions notre marche sur cette terre !