Homélie du dimanche 15 Septembre 2019- 24e dimanche du T.O.

Lc 15, 1-32

1Tim. 1, 12.17

Ex 32, 7-11.13.14

Pour connaître la vraie joie, la joie du ciel, la joie de Dieu, allons tous chercher les brebis perdues de notre entourage. Il y a autour de nous plein de brebis perdues, plein de proches qui ont perdu le moral, perdu l’espérance, perdu des raisons de vivre, perdu la foi…, perdu le contact avec les autres ou même perdu leur âme… Ne disons pas  «  C’est comme ça, je n’y peux rien », disons : « je dois être comme le berger qui abandonne ses 99 brebis pour aller chercher celle qui est perdue, ma priorité, ça doit être d’aller vers ceux qui sont perdus, qui sont mal pour les aider à aller mieux. »

  • Allons chercher ceux qui ont perdu le moral, ceux qui sont découragés par les échecs, les difficultés, les contrariétés, les revers de la vie, disons-leur : « Courage. Tu vas y arriver, ne baisse pas les bras, crois en toi ! Tu as eu des échecs, tout le monde en a ; rebondis, tire la leçon de tes échecs : vois ce qui n’a pas marché, peut-être as-tu été trop ambitieux, as-tu mis la barre trop haute, lance-toi donc dans de nouveaux projets moins lourds et tu réussiras, tu reprendras alors confiance ; peut-être as-tu été trop naïf en pensant qu’il n’y aurait pas de difficultés, que tout allait marcher tout seul, sois désormais plus réaliste, regarde et accepte la vie telle qu’elle est. Oui ose, recommence, lance-toi… tu vas y arriver, je te fais confiance ! » Osons même leur dire la bonne nouvelle de notre foi : « Le Seigneur est avec toi, en toi, il croit en toi, avec tu y arriveras, rien n’est impossible ! »
  • Allons chercher ceux qui ont perdu l’espérance et il y en a plein autour de nous, plein de gens, pessimistes, négatifs, inquiets, angoissés qui voient l’avenir en noir, qui disent que tout est perdu, que tout va de plus en plus mal, que c’est la décadence et qu’on va vers la catastrophe générale. À tous ceux-là, disons, montrons ce qui va bien en eux, autour d’eux, dans le monde, tout ce qui se fait pour qu’il y ait plus de solidarité, plus d’accueil des pauvres, plus de fraternité, plus de spiritualité aussi, plus d’honnêteté, moins de corruption, plus de droiture, moins de scandales, plus de respect des autres et des différences, plus de respect de la nature, etc… etc… Oui il y a du beau, du bon, du bien, en nous et partout mais on ne sait pas les voir et on n’en parle pas assez. C’est vrai qu’un arbre qui s’écroule fait plus de bruit qu’un arbre qui pousse et grandit, aidons ceux qui ont perdu l’espérance à voir toutes les raisons d’espérer qui nous donnent confiance en l’avenir. Osons même  leur dire la bonne nouvelle du Christ vainqueur du mal et de la mort : « confiance j’ai vaincu le monde ! » Oui, osons dire que pour nous croyants, le monde ne va pas à sa perte mais grâce au Christ va vers le Royaume Éternel.
  • Allons chercher ceux qui ont perdu la foi, ceux qui ont décroché ces dernières années, ceux qui ont pris leur distance par rapport à la religion, ceux qui n’ont jamais cru, ceux pour qui Dieu n’est même plus une question pour eux. À tous ceux-là, disons, montrons que la foi donne du sens et de la densité à la vie, que pour nous Dieu n’est pas un être lointain, inaccessible et ennuyeux voire un juge moralisateur prêt à punir mais une présence qui nous habite et remplit notre cœur d’amour, une force qui nous aide à tenir debout dans les épreuves, une lumière qui nous fait voir les valeurs à vivre pour que la vie ait du goût, une paix intérieure qui nous fait vivre dans la sérénité malgré toutes les tempêtes de la vie personnelle ou collective… Ne cherchons pas à convaincre ceux qui ne croient plus ou pas par des arguments intellectuels abstraits ou par des discours moralisateurs mais en montrant les bienfaits en nous de la foi, en montrant que Dieu est pour nous un berger qui nous porte sur ses épaules, un Père qui nous prend dans ses bras pour nous donner son amour et sa joie !
  • Allons chercher ceux qui ont perdu toute raison de vivre, qui se sentent inutiles, tous ceux qui sont blasés, désabusés et qui disent : « La vie est nulle. Je ne sers à rien. Je ne vois pas pourquoi je suis sur la terre… » À tous ceux-là disons, montrons qu’ils ont une place à prendre parmi les autres, qu’ils ont une vocation, des talents à faire fructifier, une différence à apporter aux autres, un rôle à jouer dans le grand corps de l’humanité dont ils sont un membre, que les autres ont besoin d’eux et même que Dieu a besoin d’eux et qu’il dit à chacun comme le répète Isaïe : « Je t’ai appelé par ton nom. Tu comptes beaucoup à mes yeux. Tu es précieux pour moi car je t’aime… Je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi, je ne t’oublierai jamais… je t’aime tant, tu as du prix à mes yeux. Je t’ai gravé sur la paume de mes mains. Ne crains pas, car je suis avec toi, moi ton ami, ton Dieu, ton Sauveur. »
  • Allons chercher ceux qui ont perdu tout contact avec les autres, qui se sont coupés des autres, qui sont enfermés dans la solitude, l’isolement et qui se dessèchent comme le sarment coupé de la vigne. Allons vers eux car ils ne viendront jamais à nous et osons les inviter : viens dans nos groupes, nos équipes, nos communautés, nos associations, notre Église même ; oui viens car on t’attend, on a besoin de toi pour discuter, échanger, partager des moments d’amitié et de convivialité, pour faire des activités, pour agir, bâtir des projets, faire corps avec nous… Osons leur dire ce que Dieu dit à l’homme au début de la Création : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul… » On est fait pour vivre avec les autres… La solitude est mortifère, la communauté, la relation avec les autres sont vivifiantes ! Viens avec  nous ! … »
  • Allons chercher enfin ceux qui n’ont plus de vie intérieure, qui ont perdu leur âme en étant en permanence dans l’extériorité, l’agitation, la multiplication des activités, la dispersion, les déplacements, le bruit, la recherche de sensations et j’en passe… À ceux-là, disons : « Arrêtez… Posez-vous… Prenez conscience de vous-mêmes… de votre vide intérieur… Au lieu de vous agiter en permanence, laissez-vous habiter, laissez résonner en vous tout ce que vous vivez, intériorisez ce que vous vivez, les évènements, les rencontres, tout ce que vous faites… Nourrissez-vous de tout ce que vous faites au lieu de vous fuir, prenez conscience de ce que vous devenez en faisant tout ce que vous faites… Oui méditez, tous les psys le recommandent aujourd’hui, méditez pour vous construire de l’intérieur Et si vous méditez vraiment, si vous allez au fond de vous-mêmes, alors vous n’êtes pas vides mais remplis d’une Présence, d’une Présence d’Amour et de Paix… Quand vous en aurez vraiment conscience, votre méditation deviendra prière et vous aurez retrouvé votre âme, un supplément d’âme en tout cas !
  • Allons chercher tous ceux qui sont perdus, tous ceux qui sont loin de Dieu, loin des autres, loin d’eux-mêmes en priant pour eux. Aller vers les autres, c’est bien, mais on a des limites et bien  vite on se sent impuissant, incapables de leur donner ce qu’on voudrait leur donner. C’est alors qu’il faut faire confiance à Dieu, dire à Dieu : « Ce que je ne peux faire, tu peux le faire, tu peux faire l’impossible ! » Oui croyons à la prière, à la puissance de l’intercession pour les autres, comme Moïse y a cru en intercédant pour le peuple infidèle à la nuque raidi. Il a tellement bien prié Dieu qu’il « a apaisé le visage du Seigneur son Dieu » et que le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple. Quant à la grâce de Dieu qui peut faire l’impossible, Saint Paul en a fait l’expérience et dans la deuxième lecture d’aujourd’hui il témoigne ainsi : « Moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent, il m’a été fait miséricorde car j’avais agi par ignorance n’ayant pas encore la foi ; la grâce de notre Seigneur a été encore plus abondante, avec la foi, et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus. »

Oui allons vers les autres, allons notamment vers ceux qui sont perdus d’une manière ou d’une autre allons vers eux avec Dieu, comme Dieu, avec le Christ, comme le Christ bon berger des hommes, faisons pour eux tout ce que nous pouvons faire et le Seigneur fera le reste avec la puissance de son amour et de sa grâce.

Amen

Père René Pichon