Homélie du dimanche 3 novembre 2019, 31e dimanche du T.O.

Lc 19, 1-10

La rencontre de Jésus avec Zachée est une des plus belles rencontres racontées par l’Évangile. Pour rencontrer nous-mêmes Jésus aujourd’hui aussi bien que Zachée, que faut-il faire ? Refaire son parcours !

  • « Zachée cherchait à voir Jésus mais il n ele pouvait pas, car il était petit de taille. »  Comme Zachée cherchons toujours à voir Jésus, à mieux le connaître, à découvrir de nouvelles choses sur lui, sur son être, sur son message, sur son exemple, soyons curieux de Dieu, curieux de Jésus ! Trop souvent, nous avons l’impression de tout connaître sur lui et qu’on n’a plus rien de neuf à apprendre, du coup notre foi reste statique, immobile, routinière, elle végète et s’éteint à petit feu.

Réveillons, aiguisons notre curiosité spirituelle pour chercher à voir Jésus autrement que ce que nous savons déjà de lui et pour cela lisons, relisons sans cesse les Évangiles avec attention, avec application : nous verrons alors que les textes qu’on a déjà lus mille fois nous surprendront toujours en nous faisant découvrir qu’un mot, une phrase, une image nous révèle du neuf sur Jésus.

  • « Zachée courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. » Zachée est tellement motivé qu’il court en avant pour ne pas rater le passage de cet homme dont on parle tant et qui fait courir les foules. Comme il est trop petit, « aux grands maux, les grands remèdes » « il monte sur un sycomore », il prend les moyens nécessaires pour voir Jésus.

Si nous-mêmes nous voulons voir Jésus, le rencontrer, découvrir du neuf sur lui, prenons sans hésiter tous les moyens à notre disposition et d’abord comme je viens de le dire ouvrons les Évangiles, lisons-les, méditons-les, revenons sans cesse sur les textes qui nous parlent le plus. Mais aussi cherchons à voir Jésus dans les sacrements et notamment l’eucharistie puisque c’est le rendez-vous le plus simple, le plus régulier, le plus efficace qu’il nous propose depuis 2000 ans. Et puis cherchons à voir Jésus dans la communauté chrétienne et par la communauté puisqu’il nous a dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ! » On ne peut pas rencontrer Jésus sans passer par les autres qui croient en Lui. Les Évangiles, les sacrements, la communauté chrétienne et l’Église tout entière bien sûr, mais aussi les signes du Christ dans notre vie, les évènements par lesquels il nous fait signe, nous dit : « Je suis là ! », voilà autant de moyens à prendre pour voir Jésus passer dans notre vie !

  • « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Non seulement Zachée voit Jésus mais il l’entend : Jésus lui parle, et lui parle personnellement, il l’appelle, il lui demande quelque chose de précis : il s’invite chez lui ! 

Pour rencontrer Jésus, il faut l’écouter, écouter ce qu’il nous dit dans notre cœur. Tant qu’on na pas l’impression, la certitude que Jésus nous parle à nous personnellement, nous demande ceci ou cela, on ne rencontrera pas le Christ et il ne viendra pas dans notre maison, chez nous, en nous !

  • « Vite il descendit et reçut Jésus avec joie ! » Zachée n’hésite pas, ne discute pas, il exécute : il fait de suite ce que Jésus lui demande, et il le fait avec joie, une grande joie. Pour rencontrer Jésus, faisons ce qu’il nous demande de faire, faisons-le tout de suite et faisons-le avec joie, avec enthousiasme, avec élan : l‘élan du cœur. C’est ce qu’on fait les apôtres. Quand Jésus appelle Pierre et André au bord du lac de Galilée, « aussitôt laissant leurs filets, ils le suivirent… » Peu après, quand Jésus appelle Jacques et Jean, « aussitôt laissant la barque et leur père ils le suivirent. » Quand Jésus appelle Matthieu assis au bureau des impôts et lui dit « Suis-moi », « abandonnant tout, il se leva et le suivit ! »

Pour rencontrer Jésus nous-mêmes, il ne faut pas tergiverser, discuter, hésiter, peser le pour et le contre, dès qu’il nous parle, dès qu’il nous demande quelque chose, faisons-le aussitôt et avec élan, avec joie, avec amour : alors Jésus deviendra quelqu’un pour nous, on le rencontrera vraiment !

  • « Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus ! » Zachée dans sa joie de rencontrer Jésus comprend tout de suite qu’il faut passer de la rencontre extérieure à la rencontre intérieure : ce Jésus qui est là devant lui, à l’extérieur de lui, veut venir en lui, veut demeurer en lui, en son cœur mais pour cela il faut qu’il ouvre son cœur, change son cœur fermé par l’amour de l’argent, l’égoïsme possessif, le vol, le profit… Ce changement de cœur, Zachée ne veut pas le faire à moitié, en se retenant par peur de trop donner : il donne le maximum et même quatre fois plus à ceux à qui il a fait du tort. Il a donc tout compris : rencontrer le Christ ce n’est pas seulement le voir, c’est l’accueillir chez soi, mais pour cela il faut se désencombrer, se libérer de tout ce qui empêche le Christ de venir en nous. C’est la question qui nous est posée à tous aujourd’hui : chercher à voir Jésus, à toujours mieux le connaître c’est bien mais le rencontrer c’est autre chose : c’est le laisser venir chez nous, en nous, dans notre vie, dans notre cœur. Pour cela il faut accepter de voir ce qui en nous empêche le Christ de venir nous habiter : pour Zachée, c’était son amour de l’argent, pour nous c’est peut-être autre chose, mais quoi ? Que chacun de nous s’interroge : qu’est-ce que je dois changer concrètement en moi aujourd’hui pour que le Christ vienne m’habiter et me combler de sa joie ? À chacun de répondre mais soyons tous sûrs de cette vérité de l’Évangile : le Christ passe aujourd’hui près de nous, cherchons à le voir, prenons les moyens de le voir, écoutons ce qu’il nous demande et faisons-le au plus vite, dans la joie ; et puis déverrouillons notre cœur, changeons notre cœur, libérons notre cœur pour que le Christ l’habite entièrement, alors le salut arrivera chez nous et en nous ! 

Amen !

Père René Pichon