1er DIMANCHE de l’AVENT- 29/11/20

Depuis le pape Saint Grégoire le Grand au VI ème siècle, la messe du 1er Dimanche de l’Avent, que nous célébrons

, s’est ouverte par les mots du psaume 24 : « vers toi, Seigneur, j’élève mon âme ! »

En quoi ces mots « j’élève mon âme »  sont – ils significatifs du temps de l’Avent ? Parce qu’en hébreux et en latin, l’âme, c’est le DESIR…on pourrait aussi bien traduire ces mots du psaume par : « vers toi, Seigneur, se tourne mon DESIR !  DESIR, ATTENTE, ESPERANCE : voilà le sens du temps de l’AVENT !

« Tenez –vous donc prêts, vous aussi » : appel du Christ à le désirer sans cesse dans les épreuves comme dans les moments plus joyeux et à se tourner vers Lui malgré les incertitudes où nous plonge l’épidémie du coronavirus. Ces incertitudes sont à l’origine d’une grande anxiété chez beaucoup d’entre nous. Au milieu de ces incertitudes, la foi est l’ancre du salut, c’est le refuge, c’est la Parole de Dieu qui ne trahit pas. Et cette Parole de Dieu fait beaucoup de bien contre l’anxiété. Beaucoup évoque même une « paranoïa » de masse et une « prise en otage » par les médias : « Depuis la première vague au printemps, l’actualité est monographique, monomaniaque, ne parlant que de contagions, de quarantaines et de variations sur le même thème… une « véritable contamination universelle, bien plus contagieuse que le virus : le syndrome paranoïaque et névrotique de masse d’une possible contagion. Matin, midi et soir, vie, mort et miracles du vaccin. Je ne mets pas en cause la prévention mais la psychose verbeuse et morbide qui l’accompagne ! La peur n’est pas bonne conseillère : elle conduit à des attitudes inconsidérées, elle monte les gens les uns contre les autres dans la société et dans l’Eglise, elle génère un climat de tension, voire de violence. Nous pourrions bien être au bord de l’explosion !

Nous ne savons pas combien de temps la situation actuelle va durer, ni surtout comment les choses vont évoluer. Face à cette incertitude, la tentation la plus naturelle est de chercher désespérément des garanties et des explications dans les commentaires et les hypothèses des plus savants des “experts”. Pour nous chrétiens, nos temps incertains et le sentiment de notre impuissance et de notre fragilité doivent nous inciter à chercher Notre-Seigneur, à l’implorer, à lui demander pardon, à le prier avec plus de ferveur et surtout à nous abandonner à sa Providence. A cela s’ajoute la difficulté, voire l’impossibilité d’assister librement à la sainte Messe comme cela a été encore le cas ces dernières semaines, ce qui augmente la dureté de cette épreuve. S’il faut « rendre à César ce qui est à César », il faut aussi « rendre à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21), et nous chrétiens, par notre baptême, nous n’appartenons pas à César mais à Dieu ! C’est le sens du culte rendu à Dieu qui rappelle à tous, même aux non croyants, que César n’est pas tout-puissant. Et il faut cesser d’opposer dialectiquement le culte rendu à Dieu, inscrit dans les trois premières paroles du Décalogue, à l’amour du prochain : ils sont inséparables, et celui-ci s’enracine dans celui-là ! Pour nous, catholiques, le culte parfait passe par le Sacrifice du Christ, le Christ qui se rend présent dans le Sacrifice eucharistique de la Messe. C’est en nous unissant physiquement et ensemble à ce Sacrifice où le Christ nous donne Sa Vie que nous pouvons présenter à Dieu « notre personne tout entière en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour nous, la juste manière de lui rendre un culte » (Rm 12, 1). Et s’il est véritable, ce culte s’accomplira nécessairement dans la passion du bien d’autrui, la miséricorde et la recherche du Bien commun. Voilà pourquoi il est prophétique et impérieux de défendre la liberté de culte. Ne nous laissons pas voler la source de notre Espérance !

Mais il reste entre nos mains un moyen privilégié plus puissant que l’anxiété, l’incertitude ou la panique que peut susciter la crise du coronavirus : il s’agit de la prière … « restez éveillés et priez » c’est l’appel de Dieu en ce temps de l’Avent. Dieu nous parle souvent quand nous prions, dans l’intime de notre être, il dépose sa Parole si précieuse. La prière n’est pas un monologue, c’est une conversation. On pense parfois que dans la prière c’est nous qui parlons à Dieu. Mais c’est beaucoup plus que cela, car il s’agit d’une relation. L’idée n’est pas que nous allions à Dieu en lui déversant nos problèmes et nos questions. Nous avons à nous mettre à l’écoute de ce qu’il pourrait vouloir nous dire. C’est un peu comme quelqu’un qui irait voir son médecin et qui dirait : « Bonjour, docteur, je suis content de vous voir. Je suis venu vous consulter pour différentes raisons. J’ai un problème avec mon genou, qui se bloque tout le temps, je souffre régulièrement de maux de tête. Et j’ai ce gros bleu sur mon bras, des douleurs au poumon et des crampes d’estomac de temps en temps. Mais il se fait tard. Eh bien Docteur, merci de m’avoir écouté, maintenant il faut que je file. A bientôt. » Le docteur penserait : « Dommage, j’aurais pu le soigner ». Et parfois il se passe la même chose dans notre relation avec Dieu. Nous lui disons tous nos problèmes, mais n’écoutons pas ce qu’il nous dit, Lui qui veut nous guérir. Prier, ce n’est pas marchander avec Dieu. Donnant donnant, plus je donne, plus il me donnera ! Pour obtenir quelque chose de Dieu, il faut le payer cher. Non et non ! La prière n’est pas un trafic… Qui serait ce Dieu qui attendrait d’avoir sa ration d’encens et de sacrifices pour intervenir ? Qui serait ce Dieu qui ne se laisserait toucher qu’au terme de supplications interminables et de mortifications sévères ? Jésus ne veut pas qu’on défigure à ce point le visage de Dieu. Certains attendent un Dieu Père Noël à qui on peut passer commande pour que tout aille bien dans notre vie. D’autres imaginent un Dieu gendarme qui mettra de l’ordre dans ce monde rempli d’égoïsme, un Dieu qui va arrêter les guerres et punir ceux qui refusent de partager. Non, Dieu n’est pas un Dieu dépannage qui va faire le travail à notre place et nous éviter d’avoir à prendre nos responsabilités !

Oui, l’heure est venue de sortir de notre sommeil !

Oui, l’heure est venue de sortir de notre sommeil !