5ème Dimanche de PAQUES –Année C-

Vous avez remarqué : dans la lecture du Livre de l’Apocalypse, il y a un mot qui est central c’est le verbe demeurer… « Â Dieu demeurera avec eux « . Dieu a fait de cette terre sa demeure en envoyant son propre Fils. En disant cela, je me pose tout de suite la question : en quoi sommes-nous concernés par cette Bonne Nouvelle ? Si le Christ vient demeurer en nous, voulons-nous demeurer en Lui car dans toute relation d’Amour – et l’Evangile d’aujourd’hui insiste sur cela- il faut être deux. Les chrétiens sont donc des hommes, des femmes qui « Â demeurent dans le Christ.  » D’où l’inévitable question qui nous est posée : « Â Vous demeurez en Jésus, oui, mais comment ?  » « Â Où rencontrez-vous le Christ ?  » « Â Comment pouvez-vous être sûrs de rencontrer le Christ ? ». La question est de taille, c’est le coeur de la foi chrétienne. Il convient que la réponse soit claire. Claire et pourtant modeste. C’est le printemps, il faut cultiver son jardin, mais aussi notre jardin intérieur …pour cela, il faut 2 outils indispensables pour rencontrer le Christ et pour entretenir sa foi …

  • L’outil de la Parole de Dieu
  • L’outil de la prière et des sacrements

L’outil de jardin qu’est la Parole de Dieu. Pour demeurer dans le Christ, il faut demeurer dans sa Parole. Il faut prendre du temps pour accueillir la Parole de Dieu et ne pas se contenter de quelques phrases d’évangile, toujours les mêmes, lues rapidement. La Parole de Dieu, vous le savez bien, c’est la Bible, l’Evangile, un livre religieux, les homélies du dimanche, une émission religieuse à la télévision. Mais, quand prenons-nous du temps pour « Â demeurer  » dans cette Parole de Dieu, quand, dans une semaine, un mois, … une année ? Reconnaissons l’importance de prendre le temps d’une réflexion autour de la Parole de Dieu, seul ou avec d’autres…notre paroisse et notre diocèse propose de rejoindre chaque année des équipes de réflexion. Jésus nous parle de cette manière, mais sommes-nous au rendez-vous pour l’écouter : Demeurer dans la Parole de Dieu exige du temps… des moments précis.

Deuxième outil pour demeurer dans le Christ et entretenir le jardin de sa foi : l’outil de la prière et des sacrements. Pour demeurer en sa présence, il faut lui parler, l’écouter. C’est la prière, fidèle, régulière, fréquente, où l’on dure un peu, et pas seulement « Â une petite prière en passant « . Faut-il redire aujourd’hui l’importance de la prière ? Je me servirai pour cela d’un mot, facile à retenir. La prière est un entretien… entretien aux trois sens du mot :

* un entretien : on s’entretient avec quelqu’un, avec le Christ. »Â Seigneur, j’ai un grand merci à te dire « . »Â Seigneur, j’ai des gens à te recommander « . »Â Inspire-moi, Seigneur, la parole qui convient « . »Â Rappelle-moi l’importance du pardon « .

* un entretien… comme on entretient son jardin, comme on entretient son anglais, comme on entretient sa voiture… comme on parle du service-entretien.
La prière maintient l’Evangile en état de marche, dans ma vie.

* un entretien… Dans la prière, on s’entre-tient, on se soutient les uns les autres. On prie les uns avec les autres, les uns pour les autres.

L’étroite union avec le Christ se réalise donc dans la prière. Et cette étroite union se réalise également de façon privilégiée dans les sacrements et particulièrement dans la communion à la messe, vous le savez bien. Dans la communion, on s’unit au Christ, on fait corps avec lui, on reçoit son amour, sa vie pour tenter, nous-mêmes, de suivre son chemin de vie et d’amour. Un cardinal racontait ce qu’un jeune Américain avait vécu. Alors qu’il traversait une période très difficile, il avait fait une sorte de rêve. Il se voyait parlant à Jésus : «  Lord, I have a problem …and the problem is me » (Seigneur, j’ai un problème, et le problème c’es moi !).

« My son, répondit Jésus, I have the answer, and the answer is me (Mon enfant, j’ai la réponse, et la réponse, c’est moi ). Oui, Jésus qui se donne dans l’Eucharistie est la réponse à nos vies ! Jésus donne tout, il devient Cadeau …alors pourquoi refusons-nous si souvent de venir à la messe pour recevoir le plus cadeau que Dieu pourrait nous donner, son propre Fils ?

Demeurer dans le Christ nous invite à porter ce Trésor à ceux qui nous entourent. Les chrétiens sont-ils présents aux carrefours d’aujourd’hui, « je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres », le Christ nous invite donc à aimer cette humanité –ceux qui nous sont proches et ceux qui sont plus lointains- comme Lui peut l’aimer cette Humanité en La sauvant, en donnant sa vie pour ce monde : « Allez aux carrefours des chemins de cette humanité » dit Jésus. Les carrefours importants aujourd’hui, quels sont-ils ? Contentons-nous d’en énumérer quelques-uns. Ils sont indiqués, comme tous les carrefours, par des panneaux de signalisation.

* Voici le panneau de signalisation HÔPITAL-SILENCE. À ce carrefour de la souffrance, l’Église a-t-elle une parole pour ceux qui souffrent, ceux qui meurent, pour ceux qui soignent et ceux qui soulagent ? * Voici le panneau RALENTIR ÉCOLE. L’Église est-elle ce carrefour de la jeunesse et de la culture ? A-t-elle quelque chose à dire à ceux qui enseignent et à ceux qui apprennent ? * Voici le panneau SORTIE D’USINE. Quelle parole qui rejoigne les travailleurs, les employeurs, les chômeurs ? Quelle invitation à la justice, et à la solidarité ? * Voici le panneau MAISON D’ARRÊT CENTRE DE DÉTENTION. L’Église a-t-elle une parole, quelque chose comme « tout homme est une histoire sacrée, tout homme est à l’image de Dieu » ? * Voici le panneau VOUS N’AVEZ PAS LA PRIORITÉ. L’Évangile dit : « priorité aux petits, aux démunis ». L’Église sait-elle le dire et le vivre ? * Voici le panneau STOP ou SENS INTERDIT…panneaux qui peuvent être des bonnes nouvelles pour la vie des hommes. Ils ne sont pas là pour nous empêcher de vivre, mais pour nous permettre de vivre ensemble. Est-ce que l’Église trouve toujours les mots pour le dire ?Sommes-nous présents à tous les carrefours importants de la vie d’aujourd’hui ?… Sinon notre invitation ne sera pas assez actuelle. Je terminerai en reprenant le fameux « n’ayez pas peur »… »en quelque sorte, n’avons-nous pas tous peur d’aimer, de se donner aux autres ? N’ayez pas peur d’aimer ce monde comme le Christ l’aime en donnant sa vie pour nous !

Père Jérôme MARTIN