12ème DIMANCHE du TEMPS ORDINAIRE

 

« Pour vous, qui suis-je ? » à l’écho de cette question que nous pose Jésus à chacun, voici cette petite parabole car notre société ne ressemble-t-elle pas aux passagers de cet avion volant quelque part entre Chambéry et Paris à 10 000 mètres d’altitude ? Tout d’un coup, on traverse une tornade terrible. Les cieux sont déchaînés. L’avion tremble dans tous les sens. Panique des 400 passagers. Les hôtesses essaient de ramener un peu de paix pour que le commandant de bord puisse parler. Quand enfin elles y sont parvenues, il explique : « Mesdames et Messieurs, je ne peux pas vous le cacher : nous venons de traverser une tempête terrible. Aucun instrument de bord ne fonctionne. Nous n’avons plus de radio. Il nous reste pour 2 heures de kérosène … ». Dans le silence qui suit, un passager crie dans le noir : « est-ce qu’on pourrait faire quelque chose ? ». « Oui, dit le pilote, il suffit pour nous en sortir de trouver le nord au degré près ». « Pas de problème, lance un autre passager. Ma femme est très intuitive, elle sent les énergies …qu’en penses-tu ma chérie ? Où est le nord ? ». Sa femme s’emploie à capter les énergies et déclare : « Eh bien, le nord, c’est là-bas … ». « Mais non, dit un autre. Moi, je fais de la télépathie. Je vais entrer en contact avec les ondes cérébrales du contrôleur de la tour de contrôle d’Hawaï et lui demander où est le nord ». Il se concentre et déclare : « le nord est par ici ». Un autre encore prend la parole : « vous n’y êtes pas du tout. Moi, je fais du spiritisme. J’invoque les esprits. Je vais donc interroger l’esprit de Mermoz, vous savez, le célèbre aviateur français ; il s’est sorti de situations bien plus difficiles que la nôtre …Esprit de Mermoz, es-tu là ? es-tu là ? ». Et il indique encore une direction différente. Alors un autre passager se lève et dit : « Tout ça est complètement aberrant. Moi, je sais que je suis réincarné. J’étais pigeon voyageur dans une vie antérieure. Or, c’est bien connu, le pigeon voyageur sait où il va malgré les tempêtes …et j’ai gardé cette faculté : le nord, c’est par là … » Quelqu’un l’interrompt : « j’ai lu mon horoscope ce matin et il indiquait : jour de chance. Alors, croyez-moi : tout va bien. Pluton et Neptune sont dans l’alignement …et le nord est là-bas. » Et un joyeux brouhaha envahit la cabine de l’avion en perdition. Enfin, un vieux monsieur émerge à l’autre bout de la cabine. Il a la voix douce et assurée et il dit : « moi, j’ai quelque chose de tout simple qui peut vous servir pour trouver le nord : c’est une …boussole ». Alors quelqu’un crie : « Magnifique ! nous sommes sauvés ! » La plupart se mettent à crier : « de quel droit serait-ce lui qui aurait raison ? Pourquoi ne serait-ce pas ma femme ? Pourquoi pas l’horoscope ? Pourquoi pas mon pigeon voyageur ? » Et très vite, on entend : « vous avez vu la tête de cet homme ? Il est habillé tout en blanc,il est lumineux ! et il nous donne sa boussole …» La boussole, c’est le Christ et l’Eglise a reçu du Seigneur le sens, la direction qui nous rend libres. Lorsque vous serez fatigués, perdus, n’allez pas vers les charlatans ou les sectes qui nous promettent le bonheur mais qui en fin de compte font notre malheur, n’oubliez pas que notre boussole, c’est le Christ !

Alors à la suite de Pierre, entendons bien l’appel du Christ pour chacun : « je vous confie mon Eglise ! ». L’Eglise qui nous est confiée ? Parfois elle nous irrite ou nous paraît vieillote. Mais l’Eglise, c’est nous tous. Cette maison de famille est un peu pagaille, on s’y chamaille. Par notre baptême, nous sommes devenus nous-mêmes les poissons qui sont dans le filet du Père. Dans l’Eglise du Seigneur d’ailleurs, il y a des poissons de toute sorte : des poissons qui ronronnent, ce sont les poissons-chats. Des poissons qui ne tiennent pas en place, ce sont les poissons électriques. Des poissons qui sont de vieux loups de mer, des poissons pilotes qui guident les autres. Des poissons qui sont toujours joyeux : ce sont les poissons-clowns. Il y a des poissons d’eau douce et des poissons de haute mer. Vive la variété extrême de notre Eglise ! Mais nous savons aussi ce qui peine notre Seigneur : c’est que nous devenions du poisson séché ou du poisson congelé. Quand nous nous coupons de lui, quand notre cœur ne le reçoit plus, ni dans la prière, ni dans la communion, ni dans la confession. Mais le Seigneur peut aussi nous repêcher …ce qui lui plaît, c’est que nous soyons avec lui comme un poisson dans l’eau. C’est la grande affaire de notre vie : connaître le Seigneur, le connaître de mieux en mieux, devenir un familier de Jésus !