HOMELIE du 5ème DIM TO – ANNEE A- 5/02/2017

Aujourd’hui, on ne mesure pas assez la chance inouïe pour l’évangélisation que constituent ces nouveaux médias que sont la radio, RCF, Radio Espérance, par exemple, internet, KTO, la chaîne de télévision catholique, les nombreux journaux et revues. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous disposons d’un réseau mondial de communication dans ce village planétaire.       Mais il serait évidemment naïf de penser que la mission de l’Eglise est devenue pour autant facile. A l’échelle mondiale, la Bonne Nouvelle de l’Evangile n’est qu’une voix bien fragile dans le tintamarre des nouvelles, des messages, des images qui nous submergent à longueur de journée.

« Vous êtes le sel et la lumière » nous dit le Christ. Le sel et la lumière n’existent pas pour eux-mêmes mais pour les services qu’on leur demande. Cela signifie que le Christ nous met tous en situation de témoins, enfants, adolescents et adultes.

 Quand nous servons un plat de lentilles, nous mettons une quantité infime de sel par rapport à la quantité de lentilles. Or Jésus nous dit que nous sommes le sel, pas les lentilles. Il aimerait bien que nous arrêtions de gémir sur le petit nombre et que nous nous concentrions sur notre capacité à donner au monde de la saveur.

Le sel et la lumière ont un point commun : ils sont des révélateurs. Le sel met en valeur la saveur des aliments. La lumière fait connaître la beauté des êtres et du monde. Les aliments existent avant de recevoir le sel. Les êtres et le monde existent avant d’être éclairés. Cela nous en dit long sur la mission que Jésus confie à ses disciples et à nous-mêmes. Personne n’a besoin de nous pour exister mais nous avons tous un rôle spécifique à jouer, une mission.

 En étant le sel de la terre, nous avons à révéler aux hommes la saveur de leur vie. Notre rôle c’est de révéler le Nom de Celui qui agit à travers notre Humanité. En tant que lumières du monde, nous sommes là pour mettre en valeur la beauté du monde. Mais tout cela ne peut se faire que dans la discrétion et l’humilité. Nous savons bien que trop de sel dénature les aliments et les rend répugnants. Une lumière trop vive écrase ceux qu’elle veut éclairer. C’est absolument indispensable. Car l’évangélisation n’est pas une conquête mais une annonce de la bonne nouvelle. Et cela ne peut se faire que dans une présence d’amour, qu’en révélant au monde ce qui est essentiel … écoutez plutôt ceci …

 «Genèse, huitième jour»

«Le ciel, la terre et tous leurs élé­ments furent achevés. Dieu acheva au septième jour l’Å“uvre qu’il avait fai­te, il arrêta au septième jour toute l’Å“uvre qu’il faisait. Dieu bénit le septième jour et le consacra car il avait alors arrêté toute l’Å“uvre que lui-même avait créée par son action. Telle est la naissance du ciel et de la terre lors de leur création.»

Alors l’homme et la femme se regardèrent et se dirent : «Au tra­vail»

C’est ainsi que commença le hui­tième jour. Mais par où commen­cer?

  • Par le début ! dit l’homme.
  • Réfléchis ! répondit la femme.

Le premier jour, Dieu sépara la lumiè­re et les ténèbres. Le deuxième jour, il créa l’espace ciel… Que veux-tu faire avec ça ? Non, il faut com­mencer par la fin.

– Par le septième jour ? s’enthou­siasma l’homme. Bonne idée.

« Idiot ! dit la femme en riant. On ne va pas commencer par se reposer alors qu’on n’a rien fait. Non. Par le sixième, bien sûr.

« Attends ! Laisse-moi me souve­nir, dit l’homme en posant un regard intéressé sur la femme. «Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit. Au commencement du huitième jour, l’homme et la femme s’aimè­rent.

Et ils furent aussi les seuls, l’homme et la femme, à s’interroger ensuite : « Par quoi on continue ? Ah oui ! »

Et l’homme et la femme dirent : « Dominons sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal de la terre ». Et puisque Dieu les avait crées à son image, ils créèrent des noms pour les animaux et les végé­taux. Des noms pour les rochers et les montagnes et les étoiles. Ils organi­sèrent le monde à leur façon. Ils inven­tèrent les couteaux de cuisine et les couteaux de guerre, les chariots et les chars, les villes et les banlieues, l’art du bronze et de la peinture, la cultu­re du vers à soie et du vers de la poé­sie. Transformèrent la matière.

Alliè­rent une maille à l’endroit une maille à l’envers. Changèrent le droit à l’en­vers. Clonèrent les animaux et leurs propres congénères. Propagèrent l’épi­démie et le vaccin. Bref, mirent la création sens dessus dessous. L’hom­me et la femme virent que c’était bon et mauvais. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le huitième jour.

Et la femme dit :

« On peut se reposer. Septième jour ! Vivons à présent avec nos enfants, avec la création, avec le créateur !

  • Attends ! Laisse-moi me souve­nir ! dit l’homme, sans poser de regard intéressé sur la femme. Et le ciel ? Et les étoiles ?
  • Ils s’inventèrent des dieux qui rampent, volent et nagent. Alors l’homme et la femme dirent : « Partons à leur rencontre ! » Ils montèrent plus haut que les nuages, dans des fusées qui grimpent au-delà de la lune. Ils descendirent plus bas que les poissons des abysses, dans des sous-marins nucléaires qui explo­rent les failles océaniques. Ils per­forèrent le fond de la terre et des mers, par des sondes d’où jaillirent l’or noir et l’or doré. Ils mirent la lumière dans les ténèbres et les ténèbres dans la lumière, dans des synchrotrons qui dissèquent la matiè­re jusqu’au cÅ“ur de l’atome. Mais les dieux, ils ne les trouvèrent pas. L’hom­me et la femme virent que c’était bon et mauvais. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le huitième jour.

Et la femme dit :

  • On peut se reposer. Septième jour ! Vivons à présent avec nos enfants, avec la création, avec le créateur ! Essayons d’améliorer ce pauvre monde que nous avons cham­boulé.
  • Attends ! Ce n’est pas fini… s’écria l’homme sans la regarder.
  • Et l’homme et la femme dirent : « Communiquons ! » Alors l’hom­me et la femme inventèrent l’alpha­bet, l’écriture, l’imprimerie, la presse, le morse, la radio, le téléphone, la télévision, le fax, les satellites et toute machine rampante et volante qui transmet l’information. L’homme et la femme virent que c’était bon et mauvais. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le huitième jour.

Et la femme dit…

« Pas encore ! répondit l’homme sans la regarder. Nous dominons la matière. » Et l’homme et la femme dirent : « Dominons à présent le virtuel ! ». Alors l’homme et la fem­me bâtirent une tour numérique qui enserra le monde dans la toile d’un réseau sans limite, sans matière, sans espace et sans temps. Ils créèrent le por­table, ordinateur IBM volant, télé­phone GSM marchant, palm pilot pro­grammant les 24 heures de leur vie quotidienne. L’homme et la femme virent que c’était bon et mauvais. Ain­si, il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le huitième jour. Et la femme dit..

  • Attends ! dit l’homme,
  • Non, regarde-moi… dit la femme. Contemple ce qui reste de la création. Les rivières descendent vers la mer. Les saumons remontent les torrents. Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest Les aiguilles du temps tour­nent toujours dans le même sens. Et nous, quel sens avons-nous don­né à la transformation de la matiè­re, à nos vies virtuelles, à nos mer­veilles numériques… ? Sommes-nous vraiment sel et lumière pour nos frères, qu’est-ce qui fait l’essentiel de notre vie ?

Alors, l’homme et la femme se regardèrent, se contèrent leurs mys­tères et se souvinrent du commen­cement du huitième jour.