6ieme dimanche du temps ordinaire-dimanche de la santé-12/02/2017

Dans un monde où le chacun pour soi prime, où la course à l’argent, à la réussite personnelle sont de mise, où la vie d’un bébé dans le ventre de sa maman peut à tout instant être remise en cause, où la personne âgée est dévalorisée, la promesse de bonheur du Christ dérange car cette promesse de bonheur ne se fait pas à n’importe quel prix. Les exigences du Christ que nous avons entendu dans cet Evangile ne sont jamais que les intransigeances de l’amour qui nous demande l’ouverture de notre cÅ“ur : quand on aime, on devient capable de l’impossible ! Le Christ dit à ses disciples que ce qu’ils faisaient auparavant par respect de la loi, c’est-à-dire par devoir, par soumission, tristement, ils le feront dorénavant par amour, c’est-à-dire librement. Par exemple : le respect de la vie était, dans la loi de Moïse, une contrainte, un impératif, un commandement : « Tu ne tueras point ». Cette loi devient, dans la bouche de Jésus, l’affirmation joyeuse de l’amour de l’autre… L’amour devient ainsi la valeur par excellence de notre vie, elle devrait conditionner notre existence car on sait que la violence et la haine blessent, tuent et font des ravages dans nos propres cÅ“urs. « CHOISIS LA VIE » …le pape François a ainsi demandé aux fidèles de prier jour après jour par amour pour les plus fragiles et en particulier« pour les enfants qui sont menacés d’interruption de grossesse, comme pour les personnes qui sont en fin de vie ». Il a souhaité que personne ne soit laissé seul et que « l’amour défende le sens de la vie ». « La vie est beauté, admire-la, la vie est vie, défends-la », a lancé François, citant Mère Teresa, en martelant que chaque vie est sacrée, aussi bien celle de « l’enfant qui va naître » que celle de « la personne qui est proche de mourir ».
Mais Jésus serait-il un rêveur, un utopiste ? Comment serait-il possible d’aimer tout le monde alors que certains sont trop différents de nous et que d’autres sont trop semblables à nous et donc nous énervent tout autant. Et Dieu nous demande de les aimer. Il doit avoir un sacré sens de l’humour. Pire encore, non seulement nous devons nous aimer mais en plus il nous signale qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis : donner sa vie pour l’autre, c’est se dépouiller de soi. En français contemporain, le commandement de Dieu devient alors quelque chose du genre :  » Il n’y a pas de plus grand amour que de se dépouiller de soi pour les autres »â€¦cet appel prend tout son sens lorsque nous pensons aux visiteurs de malades, aux professionnels de santé, à ceux qui oeuvrent dans des associations caritatives.
Avec Jean Vanier, c’est « le monde à l’envers mais l’Évangile à l’endroit »…
Il était une fois un chercheur de Dieu, marié, son dernier enfant avait un lourd handicap. Alors il portait en lui une colère, une honte. Il cachait son enfant, mais pas son amertume. Il ne comprenait pas. Un jour, on lui dit que Dieu se trouvait sur une très haute montagne. Il décide d’aller lui parler. Il arrive au pied de la montagne et il commence la marche. Il a peu à manger. Il se nourrit de racines et de baies sauvages. Il prie. Sans arrêt. Plus il s’approche du sommet, plus son cÅ“ur bat fort. Il éprouve une crainte sacrée. Quand il arrive enfin au sommet, il découvre une toute petite maison. Il ouvre respectueusement. Il reconnaît tout de suite que celui qui l’accueille n’est pas Dieu. Sans doute un serviteur… certains diront un ange. « II n’est pas là », lui dit son hôte, et il ajoute simplement cette phrase surprenante : « Vous le trouverez dans la vallée, dans les bras d’une femme. » II entre¬prend la descente. C’est lent et difficile. Il y a le poids du corps dont les forces se sont amenuisées. Il y a le poids du cÅ“ur alourdi par l’anxiété. Il marche à l’instinct… Il ouvre la porte d’une mai¬son et il voit… son petit dans les bras de sa femme. Une étincelle jaillit dans son cÅ“ur. Il comprend… Il se met à genoux. Et il adore longuement dans les larmes le Christ présent dans cet enfant. Pour rentrer en relation avec nous, Dieu prend visage du plus petit, de celui qui est différent, de celui que l’on rejette, de celui qui nous agace et nous demande de l’aimer tel qu’il est…voici la manière de rester fidèle à la Parole de Dieu et de demeurer dans le Seigneur : que l’Esprit-Saint, notre Défenseur, nous soutienne et nous pousse en avant pour CHOISIR LAVIE !
En ce dimanche de la Santé, me reviennent les paroles avec lesquelles le pape Paul VI concluait l’Exhortation apostolique Marialis cultus: « A l’homme d’aujourd’hui souvent tiraillé entre l’angoisse et l’espérance, prostré par le sentiment de ses limites et assailli par des aspirations sans bornes, la Vierge Marie, Notre-Dame de Lourdes, contemplée dans sa vie terrestre et dans la réalité qu’elle possède déjà dans la Cité de Dieu, offre une vision sereine et une parole rassurante: la victoire de l’espérance sur l’angoisse, de la communion sur la solitude, de la paix sur le trouble, de la joie et de la beauté sur le dégoût et la nausée, des perspectives éternelles sur les perspectives temporelles, de la vie sur la mort » (n. 57). Ce sont des paroles qui éclairent notre chemin, confions-nous à notre Maman du Ciel, même lorsque semble disparaître l’espérance et la certitude de la guérison; ce sont des paroles que je voudrais réconfortantes, en particulier pour ceux qui sont frappés par des maladies graves et douloureuses. C’est à eux que nous voudrions communiquer la proximité matérielle et spirituelle de la communauté chrétienne, comme le fait si bien l’équipe du Service Evangélique des Malades de la paroisse. Il est essentiel de ne pas laisser nos malades dans l’abandon et dans la solitude, alors qu’ils doivent affronter un moment aussi délicat de leur vie. « Heureux les cÅ“urs purs », « heureux ceux qui ont faim et soif de justice », « heureux ceux qui pleurent », c’est-à-dire heureux ceux qui prennent part aux souffrances des malades, ceux qui veulent apporter un peu de consolation, de tendresse et d’Espérance ! Sur le visage de chaque être humain, encore davantage s’il est éprouvé et défiguré par la maladie, brille le visage du Christ, qui a dit: « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).