3ème DIMANCHE de CAREME- 19/03/2017

Quelle surprise, quel scandale même pour les amis de Jésus qui reviennent de la ville où ils sont allés chercher des provisions ! Oui, les apôtres sont très étonnés de voir Jésus assis sur la margelle du puits en conversation avec une femme de Samarie. Comment mesurer en effet à quel point la rencontre de Jésus et de la Samaritaine était scandaleuse, si l’on ne se souvient pas de l’histoire terriblement orageuse entre Juifs et Samaritains ? Les Juifs détestaient les Samaritains pour un certain nombre de raisons. Ils leur vouaient une haine séculaire. Les Samaritains étaient pour eux un peuple abjectes. Les purs Juifs les méprisaient. Ils étaient aussi un peuple hérétique puisqu’ils ne fréquentaient pas le temple de Jérusalem. L’évangile de la Samaritaine que nous méditons éclaire évidemment notre vie d’aujourd’hui. Aujourd’hui comme hier, Jésus fait jaillir l’eau vive de sa Parole en pleine Samarie des païens, des hérétiques, des impurs. Ces Samaritains, ces Samaritaines que l’Evangile nous demande d’accueillir, qui sont-ils ? Qui sont-elles ? Cherchons bien. C’est peut-être cette belle-sÅ“ur divorcée que la famille rejette, c’est peut-être ce collègue de travail dont on n’ose pas soutenir le regard ? Le croyant d’une autre religion ? Ou cet homme suspecté à cause de ses idées, de sa race, de son ethnie, ou tout simplement de son « look » ? A qui pensez-vous encore ? Pas difficile de trouver le Samaritain qu’on n’aime pas ! Et puis, la Samarie, elle est parfois en nous… en chacun de nous. Je veux dire, il y a des chrétiens qui désespèrent d’eux-mêmes : « Ma vie est inconsistante, ma vie est trop en désordre, Dieu ne peut pas m’aimer »â€¦. Etre reconnu comme une personne, c’est être reconnu aussi dans son histoire. Trop souvent les personnes très âgées ne sont pas reconnus comme ayant de la valeur dans nos sociétés contemporaines. On a retrouvé dans les affaires d’une vieille femme, après sa mort, un texte que cette femme avait écrit : « que vois-tu, toi qui me soignes ou toi, qui viens me visiter ? A quoi penses-tu quand tu me quittes ? Et que dis-tu lorsque tu parles de moi ? La plupart du temps tu vois une femme acariâtre, qui n’a pas toutes ses facultés. Une vieille dame qui ne cesse d’égarer ses chaussures, de perdre ses bas. Voilà ce que tu vois ! Alors ouvre bien les yeux ! car ce n’est pas moi ! Je vais te dire qui je suis. Je suis la dernière de 10 enfants. J’avais un père et une mère, des frères et des sÅ“urs. On s’aimait bien. A 16 ans, j’ai des ailes aux pieds et rêve d’avoir un fiancé. Je me marie à 20 ans. Mon cÅ“ur bondit de joie au souvenir des résolutions prises ce jour là. Et me voilà maman d’un petit garçon à 25 ans. Il a besoin de moi pour pouvoir se construire. 30 ans : mon fils grandit vite. Nous sommes liés l’un à l’autre par des liens éternels. 40 ans : mon fils quitte la maison. Mais mon mari veille à mes côtés. 50 ans : mes petits-enfants jouent autour de moi. Mon bien-aimé et moi nous nous réjouissons de leurs cris. Puis arrivent les jours sombres. Mon mari meurt. Je tremble devant l’avenir, consciente que mon fils a fort à faire pour s’occuper des siens. Je repense aux années passées et à l’amour que j’ai connu. A présent je suis vieille. Mais le cÅ“ur de la jeunes fille continue de battre dans cette vieille carcasse. Je me souviens des joies, je me souviens des peines. J’écoute toujours la vie et j’ai toujours envie d’aimer car j’ai la foi et le Christ pose un regard juste et profond, un regard qui ne juge pas sur ce que j’étais et ce que je suis aujourd’hui comme il l’a fait sur cette Samaritaine. Alors, toi aussi ouvre les yeux, toi qui me soignes, toi qui viens me visiter. Observe avec attention, alors tu me découvriras telle que je suis ! Puissions-nous regarder chaque personne dans toute sa profondeur, avoir le regard du Christ.

Un porteur d’eau possédait 2 grands pots, suspendus aux extrémités de la perche qu’il portait en travers des épaules. L’un d’eux, fêlé, n’arrivait qu’à moitié plein au terme de la longue marche entre la rivière et la maison du maître, alors que l’autre, intact, était toujours aussi rempli. Cela continua ainsi pendant 2 années entières, le porteur ne livrant chaque jour qu’1 pot et demi d’eau à la maison de son maître. Le pot sans défaut était bien sûr fier d’accomplir parfaitement ce pourquoi il avait été fait, alors que le pauvre pot fêlé était honteux de son imperfection et malheureux d’accomplir seulement la moitié de sa tâche. Au terme de ces 2 années, qu’il avait perçues comme un échec amer, un jour, près de la rivière, il dit au porteur d’eau : « j’ai honte de moi-même et je voudrais te présenter mes excuses »… « pourquoi ? », demanda le porteur, « De quoi as-tu honte ? ». « Je me sens coupable, dit le pot, de ne livrer depuis 2 ans que la moitié de ma charge, cela à cause de cette fissure à mon côté par où l’eau s’écoule tout au long du chemin de retour vers la maison de ton maître. Du fait de mon défaut, tu as accompli tout ce travail sans obtenir la juste récompense de tes efforts ». Peiné pour le vieux pot fêlé, le porteur d’eau lui répondit : « en repartant vers la maison du maître, tu observeras les belles fleurs le long du sentier ». Et en effet, comme ils montaient la colline, le vieux pot fêlé remarqua que le soleil réchauffait les belles fleurs sauvages au bord du sentier, et cela le réconforta un peu. Cependant, en fin de parcours il se sentit mal de nouveau car il avait perdu la moitié de son chargement, et à nouveau il demanda au porteur d’excuser sa fêlure. Le porteur dit au pot : « as-tu remarqué qu’il y avait des fleurs seulement de ton côté du chemin et non du côté de l’autre pot ? C’est parce que j’ai toujours connu ton défaut et que j’en ai tiré parti. J’ai planté des graines de fleurs sur ton côté du chemin et chaque jour à notre retour de la rivière, tu les arroses. Depuis 2 ans, je peux cueillir ces fleurs pour décorer la table de mon maître. Si tu n’avais pas été ce que tu es, il n’aurait pas cette beauté pour embellir sa maison »…nous sommes tous des pots fêlés et le Seigneur utilise sans qu’on s’en rende compte nos imperfections. Dans la grande économie de Dieu, rien n’est gaspillé ! N’ayons pas peur de nos défauts, avouons-les et permettons au Seigneur d’en tirer parti, et nous aussi, nous pourrons être source de beaucoup sur le chemin !!!