PAQUES 2017

Chers amis, «Le Christ est ressuscité !». Mais est-ce que cette Bonne Nouvelle change quelque chose dans notre vie ?

CONCRETEMENT, QUE CELA VA-T-IL NOUS APPORTER ?

Dans la vie du monde, je le crains, rien ne changera visiblement d’ici deux jours. Le mal, un peu partout, sème la misère : on ne manque pas d’occasions de se lamenter. Pourtant, le Christ a vaincu la mort et son cortège de malheurs. Alors ?

ALORS, PÂQUES, ÇA CHANGE TOUT ! À Pâques, Jésus nous invite à conver­tir notre regard sur ce monde que nous habitons et à y découvrir sa présence. Dieu demeure parmi nous : ce n’est pas un vieux souvenir, c’est une réalité actuelle. Que nous tombions dans les griffes du péché, le Christ nous dit « relève-toi et même si tu retombes, ne te résigne pas, relève-toi encore car mon Père te prendra par la main pour te relever comme Il l’a fait avec moi au matin de Pâques ! ». Que nous ayons des blessures difficiles à pardonner, confions-les au Père de Miséricorde car Il a envoyé son Fils pour nous guérir. Que nous ayons perdu des êtres chers, nous demandant où ils sont et ce qu’ils deviennent, sachons que le Seigneur Christ prend soin d’eux et les ramène avec lui par sa Résurrection d’entre les morts. Trop souvent, nous ne voyons que ce qui cloche : mal au dos, mal au porte-monnaie, mal partout… Le maître de la déprime chronique, le Malin, en profite : le découragement, c’est son arme secrète. Les nuages cachent le soleil? Mais Pâques, précisément, c’est savoir que Dieu brille toujours au-dessus des nuages, même les plus épais. Dieu habite parmi nous, il est présent au cÅ“ur de notre vie, il nous délivre de la mort et du péché : voilà la Bonne Nouvelle ! Ce n’est pas une nouveauté ce que je dis là ce soir, mais c’est quand même une bonne nouvelle !

CE QUI CHANGE NOTRE VIE, C’EST DE VIVRE VRAIMENT EN PRÉSENCE DE DlEU. Ce n’est pas pour autant que nous aurons une tête de ressuscité chaque matin. Non, nous ne serons pas toujours souriant, en forme, irré­prochable. Mais soyons sûrs d’une chose : l’Eglise est belle, cette Eglise que nous constituons, parce que sa tête est belle, sa tête c’est le Christ Ressuscité.

Peut-être avez-vous lu le roman de Marcel Pagnol L’eau des collines, avec ses deux tomes Jean de Florette et Manon des Sources. Toute l’intrigue repose sur une source. Pour acheter au moindre prix le champ de Pique-Bouffigue dont ils ont accéléré la mort, le Papet et son neveu Ugolin viennent, de nuit, boucher une source. Mais l’héritier du propriétaire vient habiter le petit domaine et cultiver des courges pour élever des lapins. Il lui faut beaucoup d’eau. Jamais il ne saura l’existence de cette source. Et il va en mourir. D’abord, il essaie d’aller chercher de l’eau, très loin, à la grotte du Plantier. Puis il tente de creuser un puits. Il utilise de la dynamite. Un petit éclat de pierre retombe sur sa nuque et le tue. Voilà un homme qui avait de l’eau à portée de main et qui est mort de ne pas le savoir. À la fin de la première partie, on voit Ugolin acheter la fermette et le champ à la veuve de Jean de Florette ; il n’a qu’à donner quelques coups de pioche dans le bouchon de ciment pour que l’eau jaillisse à nouveau et fasse bientôt sa fortune.

L’histoire n’est pas finie… mais on peut en tirer une très instructive parabole pour la vie chrétienne. Le jour de notre baptême, les quelques gouttes d’eau qui coulent sur notre front symbolisent la source d’eau qui se met à jaillir au fond de notre cÅ“ur, dans le sanctuaire intime de notre être, ce lieu sacré de notre personne où Dieu seul peut entrer. Un chrétien sait que Dieu n’est pas une borne d’incendie à laquelle on n’a recours qu’en cas d’extrême urgence, quand il y a le feu dans la maison.

Dieu est à la racine de mon être d’abord comme la source jail­lissante de ma vie. Ma vie physique, biologique, ma vie intellec­tuelle, personnelle, consciente et libre. Le jour de mon baptême, une deuxième source se greffe sur cette source fondamentale per­pétuelle. Le prêtre qui baptise n’est pas une espèce de sorcier mais un sourcier qui révèle la source d’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit, la source qui recrée. Cette source désaltère toutes les soifs inscrites au plus profond de moi : soif d’amour, soif de connaissance de Dieu, soif d’absolu, soif d’infini, soif de bonheur, soif de communion, soif de pardon. Seulement voilà, des dangers me guettent : Oublier l’existence de cette source et aller chercher bien loin dans des voyages artificiels ce que j’ai au-dedans de moi. Boucher cette source par mes péchés. La laisser s’ensabler parce que je ne m’en servirai pas assez. Il faut exercer la foi, il faut s’entraîner à l’espérance, il faut mettre en pratique les forces de charité pour qu’elles restent vives. Cette source ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ! Baptisés, nous avons dans le tréfonds de notre cÅ“ur plus qu’un trésor, plus qu’un force : c’est le Christ lui-même !

Ce soir, j’ose nous dire à chacun : « toi aussi, ouvre ton cœur, désensable ta source, ouvre ta vie au Christ ! Accueille-le comme il t’accueille ce soir les bras ouverts ! OPEN YOUR DOOR ! APRA LA SUA PORTA ! ABRE TU PUERTA ! OUVRE TA PORTE ! Ouvre la porte de ton cœur, n’aie pas peur car le Christ ne te veut que du bien ! Ouvre la porte de ton coeur au Christ car il veut faire en toi sa demeure !