12ème DIMANCHE du Temps ORDINAIRE –Année A- 25/06/17

« Ne craignez pas » : 3 fois de suite est répété cet encouragement de Jésus à ses disciples. Et nous connaissons cette petite phrase que le Seigneur affirme à chaque fois qu’il donne à quelqu’un une mission : « ne crains pas, Marie, tu vas devenir la mère du Sauveur ». « Ne crains pas, Simon, c’est désormais des hommes que tu rassembleras dans la barque de mon Eglise ». « Ne craignez pas de porter la Bonne Nouvelle de la résurrection ». « N’ayez pas peur » nous a souvent répété les Papes Jean-Paul II, Benoît XVI et François. Le Seigneur nous redit « ouvrez votre cœur au Seigneur, open your heart, abra su corazon, apra il suo cuore ! n’ayez pas peur de lui, il vous veut que du Bien ! »

« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est au cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est au cieux. » Le Christ attend notre réponse : « Veux-tu témoigner de moi, veux-tu apporter cette Bonne Nouvelle autour de toi ? ».  Jésus n’a pas besoin que nous ayons lu des livres entiers sur lui, que nous ayons fait des années d’étude pour dire qui il est. C’est donc à chacune et chacun d’entre nous d’y répondre dans notre for intérieur. Et sans s’inquiéter de la justesse de nos propos. Si les disciples qui étaient les intimes de Jésus ont mis tant de temps à le reconnaître comme étant vraiment Dieu, je pense que le Christ peut également accepter certaines de nos hésitations. Dieu nous prend là où nous sommes sur notre chemin, il attend de nous que nous soyons vrais dans ce que avons à dire de lui. Notre réponse variera ou a sans doute varié au cours de nos existences respectives et c’est normal puisque la réponse dépend de la relation que nous avons établie avec lui. Et dans cette relation, nous avançons chacune et chacun à notre rythme.

Alors à la suite de Pierre, entendons bien l’appel du Christ pour chacun : « je vous confie mon Eglise ! ». L’Eglise qui nous est confiée ? Parfois elle nous irrite ou nous paraît vieillote. Mais l’Eglise, c’est nous tous. Cette maison de famille est un peu pagaille, on s’y chamaille. Par notre baptême, nous sommes devenus nous-mêmes les poissons qui sont dans le filet du Père. Dans l’Eglise du Seigneur d’ailleurs, il y a des poissons de toute sorte : des poissons qui ronronnent, ce sont les poissons-chats. Des poissons qui ne tiennent pas en place, ce sont les poissons électriques. Des poissons qui sont de vieux loups de mer, des poissons pilotes qui guident les autres. Des poissons qui sont toujours joyeux : ce sont les poissons-clowns. Il y a des poissons d’eau douce et des poissons de haute mer. Vive la variété extrême de notre Eglise ! Mais nous savons aussi ce qui fait de la peine à notre Seigneur : c’est que nous devenions du poisson séché ou du poisson congelé. Quand nous nous coupons de lui, quand notre cœur ne le reçoit plus, ni dans la prière, ni dans la communion, ni dans la confession. Mais le Seigneur peut aussi nous repêcher …ce qui lui plaît, c’est que nous soyons avec lui comme un poisson dans l’eau. C’est la grande affaire de notre vie : connaître le Seigneur dans l’intimité de notre cœur, le connaître de mieux en mieux, devenir un familier de Dieu. Un jour, un pêcheur vendéen de Noirmoutier me faisait remarquer : on dit que l’on prend du poisson. En fait, il faudrait dire le contraire. Si un poisson ne veut pas mordre à l’hameçon, vous ne pouvez rien faire. C’est aussi vrai dans la foi : le Seigneur ne nous prendra jamais de force. Il fait tout pour nous attirer car il veut notre bonheur. Il nous aime et nous aimante mais c’est à moi de me laisser prendre par lui !  Paul Ricoeur, philosophe chrétien décédé au printemps 2005 disait que les fleurs qui sont dans un vase sur la table n’ont aucune différence avec celles qui sont encore au jardin. Sauf une, très grande : elles sont en train de mourir. Aujourd’hui, on nous parle beaucoup de valeurs chrétiennes. Mais si elles sont coupées de leur source, de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie, combien de temps tiendront-elles ? Quand on demande à un enfant « pour qui existes-tu ? », il répond immédiatement « pour maman », qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’elle m’aime, qu’elle s’inquiète pour moi. Et bien, être chrétien, ce n’est pas seulement savoir que Dieu existe, mais c’est savoir que j’existe pour Dieu. Dieu me connaît par mon prénom : voilà ce qu’est un disciple du Christ !

Et puis, le Christ nous apprend à ne jamais être seul, à vivre notre foi avec d’autres, en communauté : c’est toujours plus rassurant !!! Le foot par exemple, nous rappelle qu’il faut s’appuyer sur les autres. S’ils avaient joué au foot, les disciples du Christ l’auraient appris : c’est l’équipe qui compte, l’action de l’un n’a de sens que rapportée à cette de tous. C’est qu’ils n’ont pas toujours eu l’esprit d’équipe, les amis du Christ ! Certains ont eu la tentation de « se la jouer perso », préoccupés de savoir qui était le plus grand ou qui siègerait à la droite du Christ ! Jésus réagit avec fermeté (carton rouge pour tout le monde !). « Les premiers seront les derniers » : vivre en disciples, c’est vivre en serviteurs, pas en vainqueurs ! Mais reconnaissons qu’ils ont tout de même formé une redoutable équipe : un entraîneur hors pair, douze joueurs, de l’énergie à revendre. Attaquants : Pierre et Thomas, Jean à la défense, Matthieu dans les buts (encaisser, il sait faire !). Cette équipe-là, c’est un peu la nôtre aussi, l’équipe de la communauté paroissiale de La Croix du Nivolet, où chacun a sa place : rassurez-vous, nous serons imbattables car dans le Christ, nous sommes assurés de la victoire !!!

Père Jérôme Martin