20ème Dimanche du Temps Ordinaire – ANNEE St Matthieu – 20/08/17

Avons-nous bien entendu ? Le Christ, surpris en flagrant délit d’intolérance et de mépris ? Le silence, puis la parole du Christ sur les miettes et les petits chiens nous laissent sans voix. Comme nous pensons bien que Jésus ne peut pas insulter quelqu’un, il nous faudra creuser plus en profondeur cet Évangile. La scène se déroule au nord du lac de Tibériade, non loin du Liban, aux frontières d’Israël. Cette femme est syro-phénicienne, elle n’est pas juive et elle va sortir de son territoire, nous précise l’Évangile. Comme si elle sortait de ses limites. Ainsi son parcours géographique est le symbole de sa demande spirituelle : trouver hors de son territoire quelqu’un qui peut sauver son enfant. Cette femme, qui est une païenne aux yeux des Juifs, a une connaissance et une déférence religieuses qu’un Juif peut lui envier. Ainsi ce qui apparaît dur et méprisant dans la bouche du Christ, peut être accueilli comme un test, une épreuve que Jésus Christ impose à cette femme parce qu’elle est païenne, parce qu’elle ne vient pas du judaïsme. De fait, elle représente plus qu’elle-même. A elle seule, elle est un peuple, elle est un monde : le monde des chercheurs de Dieu : ceux qui pourraient penser qu’il suffit d’appuyer sur le bouton « Seigneur ! Seigneur ! » pour être exaucés. La vie de foi n’est pas un rapport d’intérêt, c’est une adoration et une reconnaissance. Dieu n’est pas là pour faire notre volonté. Nous sommes là pour faire la sienne par l’intermédiaire du Christ. Il ne faut pas aller trop vite et penser que se convertir, c’est simplement appeler comme dans un self-service. Pour cela et pour nous, Jésus va tester la foi de cette femme.

Je cours, tu cours, il court : tous nous courons tout au long de l’année ! Nous avons toujours quelque chose à faire tout au long de la journée et toutes ces activités font qu’on peut oublier Dieu. Comment résister et changer d’attitude, comment prendre un tournant en ce temps de vacances ? Précisément en prenant chaque jour un temps, même quelques instants, pour prier, pour faire comme cette femme. Comment rencontrer Dieu si vous ne lui parlez pas dans la prière …Trouver Dieu, pardonnez-moi, mais c’est un peu comme trouver des champignons …pour trouver des champignons, il faut d’abord les chercher. Celui qui ne cherche pas Dieu ne le trouvera jamais…c’est bien ce qu’à fait cette femme car elle est allé trouver le Christ. Pour que la récolte de champignons soit bonne, il faut d’abord se lever assez tôt. Il faut rouler, il faut marcher. La cueillette de champignons demande un véritable effort. On ne trouve pas Dieu dans l’agitation ou dans la course contre le temps. Apprenons à stopper nos activités quelques instants pour donner ce temps à Dieu dans la prière.

Pour trouver des champignons, il faut y croire. Il faut avoir envie, il faut désirer, il faut se mettre dans les conditions voulues pour que cela réussisse. Pour trouver Dieu, c’est pareil ! Beaucoup de gens vous diront : « cette année, on n’en trouve pas beaucoup …et puis nous n’avons pas eu le temps ! » Comme d’autres diront : « Chercher Dieu ? Mais pourquoi faire ? ça ne rapporte rien ! Et puis, on verra bien cela plus tard ! »

D’autres personnes essayeront de vous prouver par a+b que Dieu n’existe pas …ça me rappelle cet homme qui me répétait pour la troisième fois : « Non, cette année, il n’y a pas de champignons ! » Je lui répondis qu’en cherchant bien, il en trouverait. « Non, ce n’est pas vrai ! il n’y en a pas ! ». Ce jour-là, mon sac était rempli de chanterelles . Cet homme était persuadé  du contraire parce qu’il n’avait pas observé autour de lui !

La comparaison la plus frappante entre Dieu et les champignons, pardon si je vous choque, est certainement la découverte. Au début, on en trouve peu, mais par habitude on continue de chercher. Dieu, on y croit un peu, mais ça ne nous accroche pas tellement. Et puis d’un seul coup, au moment où on s’y attend le moins, il y en a partout, c’est tout jaune, le ramasseur n’en croit pas ses yeux. Idem avec Dieu ! Dieu est là. Il s’adresse à vous par ceux qui sont autour de vous, par sa Parole, par ses sacrements et vous sentez alors vraiment sa présence…

Le temps des vacances, un temps pour chercher Dieu. Non, notre Dieu n’est pas enclos dans une définition de catéchisme. Dieu est Quelqu’un que l’on cherche de tout son cœur, de toutes ses forces … il est sans doute bon de se demander comment faire pour retrouver ce goût de Dieu. Pour ce faire, je vous propose de reprendre un extrait d’un livre.

Il s’agit d’Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt. Je vous le résume : Mamie-rose, ancienne catcheuse professionnelle  visite les enfants à l’hôpital. Ce roman décrit les 12 derniers jours d’Oscar à l’hôpital. Oscar est un enfant qui est condamné à cause d’un cancer. Mais grâce à Mamie-Rose qui nouera avec Oscar un très fort lien d’amour, ces 12 derniers jours d’Oscar deviendront légende ! Je vous livre un extrait.

  • Si tu écrivais à Dieu, Oscar ?
  • Ah non, pas vous, Mamie-Rose !
  • Quoi, pas moi ?
  • Pas vous ! Je croyais que vous n’étiez pas menteuse.
  • Mais je ne te mens pas, répondit-elle.
  • Alors pourquoi me parlez-vous de Dieu ? On m’a déjà fait le coup du Père Noël. Une fois suffit !
  • Oscar, il n’y a aucun rapport entre Dieu et le Père Noël.
  • Si. Pareil, répondit l’enfant. Bourrage de crâne et compagnie.
  • Est-ce que tu imagines que moi, une ancienne catcheuse, cent soixante tournois gagnés sur cent soixante cinq, dont quarante trois par K.-O., l’Etrangleuse du Languedoc, je puisse croire une seconde au Père Noël ? Non, répondit Oscar.
  • Et bien je ne crois pas au Père Noël mais je crois en Dieu. Voilà. Evidemment, dit comme ça, ça changeait tout, se dit l’enfant. Et pourquoi est-ce que j’écrirais à Dieu, demanda-t-il.
  • Tu te sentirais moins seul.
  • Moins seul avec quelqu’un qui n’existe pas ?
  • Il existe. Mamie-Rose se penche ensuite sur Oscar et lui dit : Dieu te fera du bien. Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s’incrustent, qui t’alourdissent, qui t’immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées si tu ne parles pas. Et en plus, à Dieu, tu peux lui demander une chose par jour comme par exemple : du courage, de la patience, des éclaircissements.

Et aujourd’hui, nous, de notre côté, fort de ce dialogue entre Mamie-Rose et Oscar, nous sommes invités à déposer nos prières entre les mains du Seigneur !