HOMELIE du 31ème dimanche du temps ordinaire – ANNEE A – 05/11/17

Jésus Christ, en dénonçant toutes ces hypocrisies, nous demande de respecter deux règles d’or :

1.N’enseigne rien que tu n’aies toi-même éprouvé. N’oublie pas ta propre rugosité, ne sois pas amnésique de tes propres difficultés quand tu conseilles quelqu’un. Reçois l’Évangile pour toi d’abord, vis-le, essaye de le vivre et tu sauras mieux trouver la parole juste pour l’autre. Elle sonnera plus juste car l’Évangile aura percé l’épaisseur de ta propre carapace.

  1. Deuxième règle d’or : « Vous n’avez qu’un seul maître, le Christ » : Le deuxième critère de la vérité de ce que nous disons et vivons n’est plus le filtre de notre expérience, mais l’exemple du Christ, la personne même du Christ : Il nous donne l’ Évangile pour que nous épousions sa Parole. Comme l’eau « épouse » l’éponge. Pardonnez cette image un peu triviale, mais notre vie est comme une éponge sèche, asséchée et la Parole de Dieu est cette Eau vive donnée pour nous imbiber. La parole de Dieu n’est pas une parole cérébrale, elle n’est pas extérieure à nous, elle nous pénètre, elle agit en nous, elle nous influence : Elle effectue tout un parcours en nous : On la reçoit avec son intelligence (pour la connaître), elle descend ensuite dans le cœur (pour être aimée, priée, mémorisée) et elle va jusque dans nos mains (pour devenir un acte). Elle nous fait penser, regarder, évaluer, aimer autrement parce qu’elle est pour nous la parole du Maître et du Serviteur. Saint Paul nous l’a rappelé : « Quand vous avez reçu de notre bouche la parole de Dieu, vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement : non pas une parole d’hommes, mais la Parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous les croyants ».

Dans un langage non diplomatique, Jésus fustige  l’une de ces maladies dont parlait le pape François s’adressant à la curie romaine et à toute l’Eglise : l’insatiable maladie de la gloire qui se traduit par l’indifférence envers les autres, la perte de chaleur humaine indispensable à la croissance de la foi.  Cette maladie est une tendance fâcheuse observée dans toute société et à toutes les époques. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé (Mt 23, 12), dit la finale de notre évangile.

Voici ce que rappelle notre Pape François : « l’Eglise, c’est à dire chacun de nous, étant un corps dynamique, celle-ci ne peut vivre sans se nourrir et sans se soigner. De fait, l’Eglise ne peut vivre sans avoir un rapport vital, personnel, authentique et solide avec le Christ. Un chrétien qui ne mange pas quotidiennement de ce Pain, deviendra un sarment qui se dessèche, meurt peu à peu. La prière quotidienne, la participation assidue aux sacrements, en particulier à ceux de l’Eucharistie et de la réconciliation, le contact quotidien avec la Parole de Dieu et la spiritualité traduite en charité vécue, constituent pour chacun de nous des aliments vitaux. Que cela soit clair pour nous tous : sans Lui, sans le Christ, nous ne pouvons rien faire (cf. Jn 15, 8). Il y a en nous, dit le Pape, la maladie de la rivalité et de la vanité. Quand l’apparence, les couleurs des vêtements, les signes honorifiques deviennent le premier objectif de la vie, et que l’on oublie les paroles de saint Paul : « Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres » (Ph 2, 3-4). C’est la maladie qui nous pousse à être des hommes et des femmes faux et à vivre un faux « mysticisme », et un faux « quiétisme ». Paul lui-même les définit comme des « ennemis de la croix du Christ » parce qu’ils « mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre » (Ph 3, 18-19). Il y a aussi la maladie de la rumeur, de la médisance, et du commérage. J’ai déjà parlé de nombreuses fois de cette maladie, mais cela ne suffit pas encore. C’est une maladie grave, qui commence simplement, peut-être seulement pour faire un brin de causette, et qui s’empare de la personne. Celle-ci se met alors à « semer de la zizanie » (comme Satan), et dans beaucoup de cas à « assassiner de sang froid » la réputation des autres. C’est la maladie des personnes lâches qui, n’ayant pas le courage de parler directement et parlent dans le dos. Saint Paul avertit : « Faites tout sans récriminer et sans discuter ; ainsi vous serez irréprochables et purs » (Ph 2, 14-18). Frères, gardons-nous du terrorisme des bavardages ! La maladie de l’indifférence envers les autres. Elle survient quand chacun ne pense qu’à soi et perd la sincérité et la chaleur des relations humaines. Quand le plus expert ne met pas ses connaissances au service des autres. Quand on vient à apprendre quelque chose et qu’on le garde pour soi au lieu de le partager de manière positive avec les autres. Quand, par jalousie ou par ruse, on éprouve de la joie à voir l’autre tomber au lieu de le relever et de l’encourager. La maladie du visage lugubre. Elle est celle des personnes bourrues et revêches, qui estiment que pour être sérieux il faut porter le masque de la mélancolie, de la sévérité, et traiter les autres – surtout ceux que l’on considère comme inférieurs – avec rigidité, dureté et arrogance. L’apôtre doit s’efforcer d’être une personne courtoise, sereine, enthousiaste et joyeuse qui transmet la joie quel que soit l’endroit où il se trouve. Un cœur empli de Dieu est un cœur heureux qui irradie et communique sa joie à tous ceux qui l’entourent : cela se voit tout de suite ! Ne perdons donc pas cet esprit joyeux, qui sait manier l’humour, et même l’autodérision, qui font de nous des personnes aimables même dans les situations difficiles. Comme une bonne dose d’humour sain nous fait du bien ! Soyons clairs : seul l’Esprit Saint – l’âme du Corps mystique du Christ, comme l’affirme le Credo de Nicée-Constantinople (« Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie ») – guérit toute maladie. C’est l’Esprit Saint qui soutient tout effort sincère de purification et toute bonne volonté de se convertir » !!!