Homélie du dimanche 11 Juillet 2021

Ce dimanche, Jésus nous envoie tous en mission ! Nous aimerions tous être de bons
missionnaires, de bons témoins de l’Évangile là où nous vivons, nous aimerions tous transmettre la foi
et les valeurs chrétiennes autour de nous, à nos proches, à nos familles d’abord… Et voilà que nous
butons sur plein de difficultés qui nous refroidissent : oppositions, refus, indifférences, au point qu’il
nous arrive de dire comme beaucoup de chrétiens à l’heure actuelle : « Je n’essaie plus de
transmettre la foi autour de moi car plus j’en parle, plus ça fait l’effet contraire… Au lieu de convaincre,
j’agace et on m’envoie promener, donc je n’insiste plus… » Dans de telles circonstances, comment
être malgré tout des missionnaires de l’Évangile ? La réponse de Jésus est simple : sur la route de la
mission, ne prenons rien, strictement rien, sinon un « bâton » : « Il leur prescrivit de ne rien
prendre pour la route, mais seulement un bâton ! » Méditons donc sur le bâton de la mission.
 Le bâton de la mission, c’est d’abord le bâton de l’exemple. C’est par l’exemple que nous
pourrons rayonner notre foi, donner l’envie de croire. En effet un bâton c’est un point
d’appui qui nous aide à marcher. Montrons donc que pour nous la foi nous aide vraiment à
avancer dans la vie en nous donnant des raisons de vivre, le vrai sens de la vie, des valeurs à
vivre, une force intérieure pour tenir bon dans les épreuves, un bonheur intérieur qui comble le
cœur … Oui en vivant vraiment notre foi, par notre exemple de vie, nous montrons comment la
foi est un point d’appui qui nous fait vivre autrement : alors notre foi posera question,
intéressera, attirera et nous serons des missionnaires de l’Évangile.
 Le bâton de la mission, c’est aussi le bâton de la confiance. Comme un marcheur a
confiance en son bâton pour marcher plus facilement sans tomber quand le chemin est
caillouteux, rempli d’obstacles, celui qui veut être missionnaire fait confiance en Dieu : il n’y a
pas de recettes, de techniques ou de tactiques pour être un bon missionnaire, c’est Dieu qui
inspire ce qu’il faut dire ou ne pas dire, ce qu’il faut faire ou ne pas faire, s’il vaut mieux parler
ou au contraire se taire, quels sont les bons moments pour parler de la foi et les moments où il
faut surtout ne rien dire… et surtout il nous aidera à entrer en relations fraternelles avec ceux
qui nous entourent, car c’est avant tout par des relations de qualité avec les autres qu’on
ouvrira leur cœur : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à
votre départ … » Pour être des missionnaires de l’Évangile, faisons confiance en Dieu qui
par son Esprit nous inspirera ce qu’il faut dire, faire et surtout comment créer des
relations fraternelles qui ouvrent le cœur de ceux qui nous entourent.
 Le bâton de la mission, c’est le bâton du bon berger, le bâton qui aiguillonne, qui pousse
en avant pour faire avancer plus vite, qui freine quand ça va trop vite, qui arrête quand il y a
danger. Pour être de bons missionnaires il ne faut pas donner des coups de bâton, des leçons
de morale et encore moins faire peur, faire pression, chercher à convertir par la force, la
menace, la violence : le sabre et le goupillon ça n’a jamais donné de bons résultats ! Le
terrorisme, la guerre sainte, les croisades, la peur de l’enfer, bref les coups de bâton ça fait
subir la religion, ça ne donne pas la foi. Pour être de bons missionnaires, il faut
aiguillonner, c’est-à-dire encourager, stimuler, voir tout ce que font les autres de bien et
leur dire : « C’est bien ce que tu fais ! » Je te félicite, continue ! … » Plus nous
encouragerons les autres à être généreux, bons, justes, honnêtes, solidaires… bref à

2Homélie du dimanche 11 Juillet 2021 – 15 e dimanche du T.O.
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faire le bien, plus ils s’approcheront de Dieu, même s’ils ne le reconnaissent pas
encore… Et un jour ou l’autre on pourra leur dire : « Qu’est-ce qui te pousse à vire ces belles
valeurs ? Ton tempérament, ton éducation, ta nature … ou une force intérieure ? Eh bien, pour
moi cette force qui nous pousse à faire le bien, c’est Dieu ! Alors nous pourrons leur parler de
Dieu comme d’une force intérieure positive déjà en eux et non pas comme d’un être lointain,
extérieur, contraignant, moralisateur, rabat-joie… Plus nous aiguillonnerons les autres en les
encourageant, plus nous serons missionnaires.
 Le bâton de la mission, c’est le bâton de Moïse, le bâton de la foi en la puissance de Dieu
seul capable de faire l’impossible et notamment de changer les cœurs durs et rebelles.
Le bâton de Moïse, c’est le bâton qu’il a levé pour partager la Mer Rouge en deux afin d’ouvrir
au peuple de Dieu le chemin de sa libération d’Égypte : « Toi, lève ton bâton, étends le bras sur
la mer, fends-la en deux et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec… » Pour
nous, lever le bâton de la mission, c’est croire à l’impossible, c’est croire que la
Puissance de Dieu peut changer les cœurs et donner la foi à ceux qui ne l’ont plus ou
qui la rejettent. Nous on peut parler de notre foi, en témoigner, donner l’exemple d’une foi
vécue, encourager les autres à faire le bien, les appeler à nous rejoindre… mais on ne peut pas
donner la foi, seul Dieu peut le faire. Plus on croira en la puissance de Dieu pour faire
l’impossible, plus nous serons de bons missionnaires.
 Le bâton de la mission, c’est enfin pour moi, le bâton de la simplicité. Rien n’est plus
simple, plus banal qu’un bâton. Tout le monde peut avoir un bâton, c’est à la portée de
n’importe qui. Pour être de bons missionnaires il faut rester simples, on n’a pas besoin de mise
en scène, de cérémonies pompeuses, pontifiantes, fastueuses ; pour transmettre la foi, on a
plus besoin de montrer comment la foi change la vie ordinaire, sans faire de tralala,
discrètement, simplement mais réellement. Après tous Jésus est né dans une crèche, il a
travaillé de ses mains à Nazareth, il a marché sur les routes de Galilée, certainement souvent
avec un bâton, il a partagé le pain au cours de son dernier repas pour en faire le pain
eucharistique mais sans cérémonial, et surtout il est mort sur la Croix dans le dénuement le
plus total. Pour annoncer Jésus on n’a pas besoin d’un sceptre royal, ni même, j’ose le dire, de
crosse épiscopale, il nous suffit d’avoir le bâton banal du marcheur anonyme.
Prenons donc ce bâton de la simplicité pour transmettre notre foi autour de nous en donnant
l’exemple d’une foi vécue, en faisant confiance en Dieu notre aide et notre point d’appui, en
encourageant nos proches à faire le bien et surtout en laissant Dieu faire ce que nous ne pouvons pas
faire : changer le cœur de nos frères.
Amen !

Père René Pichon