SOLENNITE de l’ASSOMPTION

Il est des personnages de l’Histoire connus à travers ce que l’on a dit d’eux, ce qu’ils ont écrits eux-mêmes, ou à travers leurs faits d’éclat : monarques, conquérants, comédiens, artistes, hommes de lettres ou de science …La « renommée » de celle que l’Eglise, que nous célébrons aujourd’hui, sa renommée à la très Sainte Vierge Marie, ne se mesure pas à ce qu’elle a pu dire ni aux quelques évènements de sa vie transmis par les Evangiles, évènements qui se mêlent d’ailleurs le plus souvent à ceux de la vie de son fils Jésus. Ses paroles tiennent en quelques lignes : saint Jean relate le dialogue de Marie avec les serviteurs lors de la noce de Cana. Saint Luc est le plus exhaustif, lui donnant la parole lors de trois épisodes : la rencontre de l’ange et de la jeune fille de Nazareth ; la visite de Marie à sa cousine Elisabeth dans les montagnes de Judée ; les reproches faits par sa mère à Jésus, qui a prolongé son séjour dans le Temple de Jérusalem sans en avertir ses parents.

On a peu parlé de Marie, « une femme dont on n’a rien dit » ; elle a peu parlé, « une femme qui n’a rien dit ». Là encore, le contraste est grand entre cette jeune femme si effacée et tous ceux qui, dans nos sociétés, semblent ne pouvoir survivre si l’on ne parle pas d’eux ! il suffit de penser aux jeunes candidats de « Secret Story » ! Quelle obsession, souvent, de faire et d’entendre parler de soi et de ses talents ! Un politicien connu du XIXème siècle ne confessait-il pas à ses proches : « qu’importe qu’on dise du mal de moi, pourvu qu’on en parle ! »

Les quelques mots de Marie en disent davantage cependant que de long discours. « Je suis la servante du Seigneur » : c’est la disponibilité totale, de cœur et de corps, à la parole de Dieu et à la mission proposée d’enfanter le Fils du Très-Haut. « Mon âme exalte le Seigneur » : le plus long texte prêté à Marie, c’est ce chant de louange et d’action de grâces, le récit des merveilles de Dieu qui, pour une fois, délie sa langue. Elle n’en dira plus jamais autant, jusqu’à ce que les générations la proclament bienheureuse, non pour ce qu’elle a fait, mais pour ce que le Seigneur a fait en elle !

Le triple message de Marie : disponibilité, louange, fidélité !

Sur notre chemin, Marie est notre étoile, elle nous précède. Nous pouvons la prendre comme modèle pour grandir et avancer dans la foi. Marie ne s’est pas repliée sur ses difficultés, ses questions, elle a gardé le cÅ“ur ouvert. Ce monde qui est dur, Marie l’a connu au pied de la croix, elle était là debout. Dieu choisit toujours ce qui est petit, faible dans le monde, comme il a choisi Marie, pour faire de grandes choses.

Je te salue, Marie !

Marie, c’est un nom ordinaire. Un nom tout simple, un nom qu’on chuchote.

Marie toujours servante. Marie tellement discrète.

Je te salue, Marie, pleine de grâce…

Marie fleur et Marie fruit. Je te salue, Marie, pleine de vie, pleine de joie, pleine de santé. Pleine de printemps, pleine d’été, pleine d’automne. Pleine d’hivers aussi, au pied de la croix de l’agonie. Marie qui rit à Cana, Marie de la fête. Marie effondrée au Golgotha, Marie à la douleur immense.

Le Seigneur est avec toi…

Elle est choisie par Dieu, elle est l’élue de Dieu, l’Eve parfaite.

Mais croyez-vous que c’était facile de porter l’enfant-Dieu quand les portes étaient closes et qu’il fallait se contenter d’une mangeoire d’animaux?

Puis partir avec le nouveau-né à la hâte en Egypte ?

Marie inquiète devant son enfant qui ne rentre pas du pèlerinage.

Avec toi, Marie, le Seigneur nourrit la foi de son peuple.

Tu es bénie entre toutes les femmes…

Oui, bénie entre les femmes des villes et des campagnes.

Marie, tu es bénie entre les jeunes filles, les mamans, les dames ridées mais ouvertes à la confiance et à l’espérance.

Simplement entre toutes les femmes. Une parmi les autres, perdue dans la foule. Mais tellement unique, tellement à sa place.

Et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni…

Marie tendresse pour le Fils de Dieu.

Les mains qui ont porté le Prince de la Paix sont bénies.

Les mains usées par les corvées, le ménage, la lessive.

Les mains jointes pour la prière : « Mon cÅ“ur chante la grandeur du Seigneur. Dieu est mon Sauveur ! Oui, il a levé les yeux vers sa petite servante. Il a fait pour moi des choses étonnantes.

Les petites gens, les simples d’esprit et de cÅ“ur sont ses préférés. »

Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort…

Ton cœur, Marie, est plein de pitié.

Tu es préoccupée avec ceux qui ont des soucis, heureuse avec ceux qui sont dans la joie.

Tu es toujours là pour intervenir auprès de ton Fils quand les hommes en ont besoin. Apprends-nous à redire ton « oui » dans nos cÅ“urs.

O Mère, Toi qui connais les souffrances et les espérances de l’Eglise et du monde, nous voulons te recevoir chez nous, assiste tes enfants dans les épreuves quotidiennes que la vie réserve à chacun. A toi, nous confions notre marche sur cette terre !

P Jérôme MARTIN