CELEBRATION DES CENDRES 2017

 

« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » nous dira le diacre ou le prêtre dans quelques instants en traçant sur notre front une croix faites de cendres. Heureusement qu’il y a un CAREME par an pour nous remettre à peu près d’aplomb. Que sont devenues les bonnes résolutions de l’an dernier ? Et celles de l’année d’avant ? Les a-t-on oubliées dans la joie pascale et brûlées dans le feu de l’action ? on aurait d’ailleurs mieux fait de les brûler dans le feu de l’Esprit ! L’année dernière (et celle d’avant, et aussi la précédente), nous avons décidé d’arrêter (la cigarette, l’apéro systématique, le chocolat en perfusion, les feuilletons abrutissants, les jeux vidéos ou la télé, que sais-je !). Et nous avons recommencé. Cette année, nous allons recommencer à arrêter avec la ferme résolution de ne pas recommencer à recommencer. Vous me suivez ?
Et pourtant, l’effort de Carême n’a pas pour but de nous améliorer pour être plus contents de nous-mêmes, mais pour être mieux au service de Dieu et de nos frères. L’objectif : progresser dans l’amour, dilater notre cœur pour que le Seigneur ne s’y sente pas trop à l’étroit. Se convertir, au fond, c’est laisser Dieu éclairer nos zones d’ombre, le laisser transformer, purifier, visiter ce qui doit l’être. Nos lenteurs, nos échecs nous découragent. La première grâce à demander en ce début de Carême est peut-être une grâce de patience. Si on se donne que 40 jours pour convertir nos travers et notre cœur, nous nous exposons à quelques déconvenues. Il va falloir durer jusqu’au prochain Carême, puis jusqu’au suivant, et ainsi de suite …la conversion ne s’arrête pas le jour de Pâques avec la livraison des cocottes en chocolat. Nos conversions sont à planifier sur du long terme. On parle beaucoup en Carême d’arrêter tel ou tel chose, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Il y a aussi des choses à commencer : la visite de malades ou des personnes âgées, mais aussi le sacrement de réconciliation, la prière, la lecture de la Parole de Dieu, la prière en famille, un service paroissial. Reste à savoir que changer. Vous ne voyez vraiment pas ? Alors posez la question à votre conjoint, à votre voisin de bureau … ils auront certainement plein d’idées ! La conversion ne concerne pas en priorité ce qui nous dérange, nous. Nous sommes appelés à convertir d’abord ce qui dérange les autres et ce qui dérange le Seigneur. Méfions-nous des efforts de Carême centrés sur notre personne : j’arrête le chocolat comme ça, je rentrerai dans mes robes d’été ! Autant de victoires sur nous-mêmes qui, certes, ne vont pas sans difficulté mais dont les bénéfices vont directement dans notre propre poche. Demandons-nous plutôt quel effort bénéficiera à notre entourage !
« Voici le temps du salut » : ce temps de conversion pourrait se vivre avec les 3 piliers que nous propose l’Evangéliste Matthieu : l’aumône, la prière et le jeûne.
*D’abord l’aumône : à chacun d’y répondre, en fonction de sa situation personnelle, de ses possibilités, des différentes circonstances de la vie. Sachez que dans la paroisse, la Société St Vincent de Paul nous proposera tous les dimanches de Carême et le jour des Rameaux, de déposer dans des paniers disposés à l’entrée de l’église des denrées alimentaires. Nous en reparlerons à la fin de cette célébration.
*La prière : des propositions sont faites dans la paroisse en particulier tous les vendredis de Carême avec à l’église de Bassens à 17h00 un Chemin de Croix suivi d’un temps d’Adoration, de confessions puis à 18h15 la messe suivie des Vêpres. Je vous propose également de prier et de méditer tout au long de ce Carême à partir de « La JOIE de l’Évangile » … »La Joie de l’Evangile » remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus ! » c’est par ces mots que s’ouvre la première Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, du Pape François, parue en novembre 2013. Dans cette exhortation, le pape veut nous présenter tout ce qu’implique l’annonce de l’Evangile dans notre monde complexe où tant de phénomènes sociaux, politiques, économiques sont à l’œuvre. Le Pape y développe sa vision d’une Eglise dynamique, ouverte sur le monde, et fait une analyse des voies et des moyens nécessaires pour avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire . A partir de cette première Exhortation de notre Pape, je vous propose donc une méditation … qui nous appelle à un temps de conversion pour ce Temps de CAREME !!!
* Enfin le jeûne … un jeûne de nourriture bien sûr mais je vous propose pour ce Carême une autre piste de conversion, un autre jeûne : si nous mettions en pratique la recommandation de David : « garde ta langue du mal, ta bouche des paroles trompeuses ? ». Le corps de l’homme est souvent commandé par sa langue. Et si l’homme peut glorifier Dieu par la louange de sa bouche, nous le savons tous, il peut aussi faire le plus grand mal par tout ce qui sort de sa bouche. Un jeûne de paroles consiste d’abord à exclure de sa vie le mensonge sous toutes ses formes. Voilà un bon programme : s’interdire de tenir des propos vulgaires ou stupides. S’exprimer sans pousser des cris, voire des hurlements. S’efforcer de bien se parler, en famille, au collège …et même au volant de sa voiture ! Il y a là un vaste domaine. A quoi servirait de se privait d’un peu de nourriture si c’était pour ne pas se priver de casser du sucre sur le voisin ? A quoi servirait la prière, s’il ne s’accompagnait pas d’une garde de ses lèvres ?
Je vous invite donc après cette Célébration des Cendres à partir avec ces 2 phrases tirées de la JOIE de l’EVANGILE de notre Pape François, phrases à méditer ces prochains jours (toutes les phrases sont dans le Clin d’œil) :
1. La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques.
2. Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde.