26ème DIM du temps ordinaire- ANNEE A – 01/10/17

Au commencement de notre vie, notre monde … c’était le ventre de notre maman. Puis, à notre naissance, c’était la maison et la famille, la parenté, l’école et le quartier …c’était  la vigne dont on parle dans cet Evangile.

Et progressivement, nous avons découvert le globe terrestre, ce monde immense souvent tourmenté mais sauvé par le Christ. Ce monde est en effet une immense vigne avec des vignerons plus ou moins conscient que ce que nous avons, ce que nous sommes, nous le devons au Seigneur qui est le vrai propriétaire. « Qu’as -tu fait du don de Dieu ? » laissons-nous habiter par cette question. En ces premières semaines de rentrée, chacun de nous est invité à apporter ses idées et ses projets, son travail et son amour pour que la récolte de la vigne soit bonne en fonction des dons qu’il a reçus.

Mais aux yeux du Seigneur, il ne suffit pas d’être actif, d’avoir un rôle ou une fonction pour être vendangeur, il faut rayonner un certain esprit…c’est cela être Chrétien dans un monde qui ne reconnaît pas toujours le Seigneur . Vivre et rayonner, c’est faire la volonté de Dieu : l’humilité du cÅ“ur et le partage, la douceur et la miséricorde, la vérité et la justice, la paix et la persévérance…sans oublier et, j’y tiens, avoir de l’humour avec cette vie qui ne nous épargne pas toujours. De l’humour, oui car certains cathos donnent une image coincée, ronchon, rabat-joie. Un médecin, après 50 années de médecine, de lutte contre la maladie, la souffrance et la mort, me disait : « Plus je vais, plus je me rends compte que les hommes ont besoin d’humour, d’amour et de convictions spirituelles : ce mélange des trois peut guérir bien des maux ! »

Alors Jésus, aujourd’hui, par cet Evangile, vient nous demander avec insistance : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma Vigne » ? Dans ce monde où beaucoup accumulent, veux-tu, comme beaucoup, choisir de partager ?

Dans ce monde où explosent violence et égoïsme, veux-tu, comme beaucoup, choisir la douceur et la miséricorde ? Travailler à la vigne c’est redécouvrir sans cesse la prière, s’engager pour donner de soi dans une association, en politique, dans la paroisse, c’est œuvrer pour la solidarité, participer à un groupe de prière, visiter un malade … Cela rejoint bien ce que disait notre Pape François dans une interview qu’il a donné aux revues jésuites du monde entier : « je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Eglise aujourd’hui, c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Eglise comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol et si son taux de sucre est trop haut ! Nous devons soigner les blessures …il faut commencer par là ! L’Eglise s’est parfois laissé enfermer dans des petites choses, de petits préceptes. Le plus important est la première annonce : « Jésus-Christ t’a sauvé » (…) Comment traitons-nous le peuple de Dieu ? Je rêve d’une Eglise mère et pasteur. Les ministres de l’Eglise et tous les chrétiens doivent être miséricordieux, prendre soin des personnes, les accompagner comme le bon Samaritain qui lave et relève son prochain. Les réformes structurelles ou organisationnelles sont secondaires, c’est-à-dire qu’elles viennent dans un 2ème temps. La première réforme doit être celle de la manière d’être ! » : écoutons l’appel de notre Pape et que cet appel rejoigne notre cœur : que notre communauté paroissiale, au nom de Jésus le Christ, sache être cet hôpital de campagne qui soigne, relève et réchauffe le cœur des blessés de la vie ! C’est un appel pour chacun, jeunes et adultes !

Notre tentation pourrait être le découragement …sommes-nous capables de nous dire que tout ce travail ne nous appartient pas mais que nous oeuvrons avec et pour le Seigneur ! Mais, que votre oui soit oui ou que votre non soit non : c’est l’appel du Seigneur pour chacun de ses ouvrier dans cet Evangile ! « Celui-ci répondit : Oui, Seigneur, je veux travailler à ta vigne ! …et il n’y alla pas ». Nous connaissons tous ces gens qui parlent beaucoup, qui promettent beaucoup, et qui ne font à peu près rien par la suite. Mon grand-père les appelait « gros parleurs, petits faiseurs ». La grande Thérèse d’Avila avait l’habitude de dire à ses soeurs : « Assez de paroles, mes soeurs, des oeuvres, des oeuvres! ».

Alors, regardons nos vies : sommes-nous de « gros parleurs et de petits faiseurs »? sommes-nous faciles en paroles et en promesses et peu efficaces pour les exécuter? sommes-nous des « oui » en paroles et des « non » en actions? sommes-nous de ceux qui prennent facilement des résolutions et qui ne les tiennent pas longtemps? Ou sommes-nous des gens qui constamment essaient de se conformer mieux et davantage à la Parole de Dieu? sommes-nous de « perpétuels retournants à Dieu » après nos chutes? sommes-nous capables de nous relever sans cesse ou bien nous croyons-nous parfaits ? Vous connaissez peut-être l’histoire de cette prétendue sainte qui vivait dans un couvent : le Pape envoya un Cardinal enquêter sur la sainteté de cette nonne. Elle s’appelait soeur Madeleine. Or, il y avait deux soeurs Madeleine dans le couvent. Frappant à la porte, l’enquêteur fut reçu par l’une des deux soeurs Madeleine. Il demanda à voir soeur Madeleine. La soeur lui répondit : « Laquelle voulez-vous voir : la sainte ou l’autre? » Il répondit : « La sainte. » Elle dit : « C’est moi, la sainte ! » Inutile de dire que l’enquête s’acheva là immédiatement.

Vous voyez, je ne vous dis pas des choses faciles mais je vous dis des choses authentiques, un secret d’espérance qui nous vient du Seigneur. Refusons de mourir à petit feu dans la prison du nombrilisme, du « moi je » ! Choisissons de vivre au grand feu du don de soi !!!